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Après une petite journée pleine de légèreté (encore que…), les choses sérieuses reprenaient à l’Etrange festival de Paris avec pas moins de 4 films, dont 3 en compétitions et 1 avant première.

Débutant la journée, The Thompsons, le nouveau film des Butcher Brothers, est la suite de leur long « The hamiltons ». On y retrouve donc notre famille du premier opus,, venue en Angleterre sous un faux  nom après que les événements aient pris une tournure tragique dans leur pays natal. Pensant trouver de l’aide dans un village, les Thompsons en apprendront un peu plus sur leur histoire, mais auront fort à faire face à une famille souffrant du même mal qu’eux, mais qui ne cesse de leur chercher des noises…

Sélectionné pour la compétition Nouveau Genre, le film se laisse suivre agréablement, bien que l’on ne soit clairement pas en face de la folie annoncée lors de la présentation du film. Ceux qui ne l’ont pas vu ne le regretteront probablement pas, si vous êtes accro(c)s aux Butcher Brothers, vous serez en terrain connus et sans déception.

Autre film en compétition, 11.25, the Day Mishima chose his own fate relatait lui les derniers mois de la vie du célèbre auteur japonais, qui s’est donné la mort par Seppuku après avoir pris en otage un général au Ministère de la défense. Réalisé par Koji Wakamatsu, l’homme aux plus de 100 films, le long met en lumière le déroulement des événements, l’adhésion de Mishima pour certaines valeurs qui le conduiront à mettre en œuvre son action en compagnie de quelques disciples. Filmé de façon très sobre, sans artifice de mise en scène, le film comporte tout de même certaines longueurs et se démarque par son côté très académique et son rythme lent. Un côté un peu trop classique justement. De même, si sa présence au festival, en tant que film de Wakamatsu (toujours intéressant à découvrir, ses films étant rarement disponibles autrement qu’au rayon DVD de grandes enseignes) nous réjouit, on s’interroge néanmoins sur sa sélection en compétition, le film n’étant clairement pas prétendant à une quelconque récompense vu certains concurrents.

En parallèle de la projection du documentaire Road Doags, suivant le parcours de trois groupes de rock, les festivaliers ont pu assister à la toute première projection du film Dead Shadows, production de genre française réalisée par David Cholewa, venu présenter son bébé en compagnie de son équipe.

Le passage d’une comète près de la terre provoque de nombreux incidents et transforme les gens en créatures tentaculaires. Alors que l’apocalypse s’installe, un jeune homme effrayé par le noir, va devoir s’aventurer à l’extérieur. Faisant indéniablement référence à l’univers de John Carpenter, Dead Shadows est l’une des rares pellicules de genre françaises a être projetée dans le cadre du festival.

Si l’ambiance est relativement prenante, et les créatures bien faite (mention spéciale à la femme araignée), on ne peut néanmoins rester sur sa faim devant la pellicule. En effet, à la vue du métrage, on ne peut s’empêcher de se dire que quelques chose manque… Manque de dynamisme dans la réalisation par exemple. Ainsi, ce qui aurait du être le premier moment fun et trash du film, avec l’apparition d’une tentacule lubrique, tombe littéralement à plat et n’a  provoqué aucune réaction (ou si peu) dans la salle, tant la scène manque de dynamisme et son point d’orgue mal amené. Problème également avec l’écriture des dialogue, qui donnent toujours le sentiment d’être « récités » par des acteurs qui perdent un peu de leur naturel par la même occasion. Mais l’essentiel du casting étant constitué de jeunes acteurs, dont un tout premier rôle pour son personnage central, on leur pardonnera aisément cela pour ne retenir que le soucis d’écriture, et un film n’ayant pas non plus grand chose à nous raconter. Autant d’éléments qui font de Dead Shadows une série B honnête et bien faite compte tenu de son budget, mais un énième coup d’épée dans l’eau pour le ciné de genre français.

Après une légère pause, la soirée s’animait enfin un peu avec la projection de Redd Inc., film de Daniel Kriege, et mettant en vedette Nicholas Hope (interprète de Bad Boy Bubby il ya maintenant près de 15 ans). Six personnes se réveillent enchaînées à un bureau dans une entreprise, forcées à travailler sous les ordres d’un patron psychopathe très à cheval sur la discipline et aux méthodes radicales. Mais très vite, nos employés modèles réalisent qu’ils se sont déjà croisés, et que leur « patron » n’est autre que Thomas Reddman, un homme condamné pour plusieurs meurtres atroces…

Vous vous ennuyez au bureau ? Votre patron vous les brise tous les jours ? Voila le film qui vous fera relativiser ! Ou comment apprécier son boss ! Redd Inc est le film de la journée qui a su mettre un peu d’ambiance dans la salle. Sadique dans ses supplices, faisant preuve d’humour noir, le film développe une histoire, simple mais efficace, et dans un cadre original – le monde l’entreprise – qui le démarque des « simple » torture porn pullulant depuis le premier Saw. Ainsi, la gratuité apparente des atrocités et de la séquestration s’effrite ainsi rapidement pour dévoiler les réelles intentions de son organisateur…

De même, les actes de notre tortionnaire chéri, toujours pavés de bonnes intentions, ne manquent pas de générer des saillies bien sanglantes (le film est interdit aux moins de 16 ans)ou qui feront réagir le spectateur dès lors qu’il s’attaque à certaines parties spécifiques (sensibles des ongles et des yeux, s’abstenir), mais toujours teinté d’un humour caustique à souhait. Pour autant, à aucun moment l’humour ne vient gâcher l’ambiance sinistre du film. A ce titre, le côté huit clos du film est extrêmement bien maitrisé et contribue à donner au film cette atmosphère lugubre, sans que l’on s’y ennuie un seul instant. Le réalisateur se permet même de faire éclater son schéma narratif lors du dernier acte, évitant ainsi de tourner en rond mais prenant par la même le risque que son film parte un peu en live. Le film prend à ce moment une tournure malheureusement plus prévisible, tant il est facile d’anticiper le déroulement des événements qui viendront ponctuer le final. Toutefois, cela ne gâche rien au plaisir de visionner ce Redd Inc. qui, en cette journée, a parfaitement tenu ses promesses !

Tags : Butcher BrothersDead ShadowsEtrange FestivalÉtrange Festival 2012L'étrange festivalMishimaNicholas HopeRedd IncThe Thompsons
Jérémie

Gentle Geek Jérémie

Consequences will never be the same !

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