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Deux ans après sa présentation au TIFFF de Toronto et dans divers festival, The Green Inferno d’Eli Roth a enfin trouvé un distributeur en France, où il sortira uniquement en e-cinéma. Huit ans après son dernier film, Hostel 2, le réalisateur américain revient avec un film de cannibales qui se veut dans la lignée de Cannibal Holocaust et des films de cannibales des années 80.

Un groupe d’étudiants se rend au PĂ©rou pour stopper la dĂ©forestation et surtout le massacre d’une tribu d’indigènes dont une compagnie pĂ©trolière veut rĂ©cupĂ©rer les terres. Une fois sur place, la mission est un succès. Mais sur le trajet du retour leur avion s’Ă©crase en pleine forĂŞt. Les survivants vont ĂŞtre confrontĂ©s aux dangers de la forĂŞt amazonienne, mais surtout aux indigènes qu’ils tentaient de protĂ©ger, qui s’avèrent appartenir Ă  une tribu cannibale.

Qu’il fut long, le chemin de The Green Inferno, avant sa sortie en France…Tellement long que depuis les premières projections du film en festival en 2013, Eli Roth a eu le temps de commettre un autre mĂ©fait, avec Knock Knock, home invasion peu glorieux tout juste sorti en salles le 25 septembre en France. Huit ans après son dernier effort Hostel 2, huit annĂ©es pendant lesquelles il a produit et tournĂ© dans les films des copains, le rĂ©alisateur amĂ©ricain revient avec The Green Inferno, un film qui se veut dans la lignĂ©e de Cannibal Holocaust et des films de cannibales italiens des annĂ©es 80. Alors que le film sortira en e-cinĂ©ma le 16 octobre prochain, le PIFFF avait organisĂ© la projection d’un double programme consacrĂ© Ă  Eli Roth, avec The Green Inferno et son premier film, Cabin Fever.

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Cannibal au low cost

Malheureusement, The Green Inferno ne tient pas toutes ses promesses, loin de là. Dès le départ, le film connait des problèmes d’écriture et de rythme. L’exposition, pas franchement intéressante, s’étend sur 45 minutes, soit presque la moitié du film ! Et malgré la durée de cette exposition, la caractérisation des personnages reste faiblarde, un comble ! On retrouve la fille à papa en première année de fac, le leader rebelle et charismatique, la lesbienne de service, le gentil black rondouillard (qui sera forcément le premier à mourir…) et j’en passe. Les personnages sont tellement stéréotypés qu’il est difficile de s’intéresser à leur sort. Pire, on a même parfois hâte qu’ils se fassent dévorer par les cannibales…

La première moitiĂ© du film nous inflige donc des scènes d’un intĂ©rĂŞt tout relatif sur le campus, avec nos Ă©tudiants qui s’indignent gentiment et prĂ©parent leur action, le tout filmĂ© comme un tĂ©lĂ©film quelconque. La photographie est d’une banalitĂ© affligeante, la mise en scène, plate. Au bout de trois quarts d’heure de film, après les 3 minutes d’action militante des Ă©tudiants, on entre enfin dans le vif du sujet, avec le crash de leur avion sur le chemin du retour… Si la photographie s’avère un peu plus convaincante dans la seconde partie du mĂ©trage, c’est parce que les couleurs (le vert de la jungle et le rouge des peintures sur les corps des indigènes) sauvent les meubles. Les effets numĂ©riques restent cheap eux aussi, notamment lors du crash d’avion, ou avec les fourmis en CGI plutĂ´t moches. Enfin, les passages gores (dĂ©membrements, Ă©nuclĂ©ation, etc…) choqueront peut-ĂŞtre le grand public, mais pas forcĂ©ment les amateurs du genre, qui auront dĂ©jĂ  vu mieux ailleurs.

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Eli Roth, cet éternel ado

La critique sur les limites de l’activisme et les motivations des militants aurait pu être pertinente, mais comme d’habitude, le discours pseudo-engagé du réalisateur est vite relégué au second plan par un point de vue adolescent et immature. Les occurrences qui se veulent comiques désamorcent totalement toute tentative de tension. Les quelques bonnes idées du film ne sont jamais totalement exploitées, ou bien souvent gâchées par l’humour potache et lourdingue du réalisateur. Les blagues scatologiques ou en-dessous de la ceinture finissent par placer le film davantage dans la parodie que dans l’hommage à Cannibal Holocaust et consorts. Eli Roth, comme à son habitude, en fait trop, et rate ainsi l’occasion d’impressionner et d’effrayer. Sans parler de l’ultime rebondissement dans le générique de fin, qui vient encore une fois ruiner l’entreprise, alors que l’ambiguïté morale de la conclusion du film était une piste plutôt intéressante.

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Après avoir voulu dénoncer le tourisme sexuel, Eli Roth s’en prend à la bonne conscience humanitaire. Malheureusement, le manque de maturité et l’humour potache du réalisateur anéantissent toute tentative de film d’horreur sérieux et d’hommage au genre. Faussement subversif, long à se mettre en place, The Green Inferno n’est pas non plus totalement raté, mais reste frustrant et bien en-deçà des attentes suscitées par le teasing autour du film.

The Green Inferno, d’Eli Roth, sorti en e-cinéma le 16 octobre 2015.

 

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Marie

Gentle Geek Marie

POUET

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