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Les tortues ninja 3 ? NOPE ! Dead Mine !

Les tortues ninja 3 ? NOPE ! Dead Mine !

Non, rassurez-vous, Olivier Minne n’est pas mort ! Les fans de Fort Boyard et de Jeux Sans Frontières peuvent souffler, Dead Mine n’est autre que le nouveau film de Steven Sheil. Steven Sheil, vous vous souvenez ? Réalisateur du plutôt glauque Mum & Dad, il nous revient avec ce deuxième film disponible dès demain en DVD et Blu-ray.

img_affichedeadmineAuteur en 2008 du très malsain Mum & Dad, on était resté depuis sans nouvelles de Steven Sheil, dont le premier film avait rencontré quelques échos en festival. 5 ans plus tard, le voici de retour avec Dead Mine, toute première production de la filiale asiatique de la chaîne HBO. Désireuse de créer des produits spécifiquement pour le marché asiatique, la firme s’est donc lancée en finançant l’écriture et la réalisation d’un projet, et c’est le réalisateur Steven Sheil qui est allé au charbon !

Développé en priorité pour le marché asiatique donc, mais aussi dans une moindre mesure pour l’export, Dead Mine débarque directement en DVD chez nous par l’intermédiaire de Wild Side. Première expérience internationale pour le réalisateur Britannique, Dead Mine a été tourné en Indonésie, dans des décors naturels ainsi qu’en studio, et avec un casting et une équipe  internationales : la japonaise Miki Mizuno (vue en policière troublée dans Guilty of Romance), les anglais Sam Hazeldine (The Wolfman, L’ombre du mal) et Les Loveday, l’acteur indonésien Joe Taslim (The Raid), ou encore l’actrice malaisienne Carmen Soo, nous entrainent dans une sombre histoire de mine où sont restés enfouis quelques secrets inavouables de la Seconde Guerre Mondiale…

Spécialement pour vous, GentleGeek a pris sa lampe torche, son piolet, et regardé plusieurs fois Blanche Neige et les Sept nains pour se préparer à vous en parler au mieux ! Non mais, c’est qu’on a bien creusé le sujet !

 Synopsis : A la recherche d’un trésor enfoui, un groupe d’explorateurs arrive sur une île indonésienne. Attaqués par des groupes armés, ils trouvent refuge dans une mine abandonnée. Mais rapidement, ils vont découvrir qu’ils ne sont pas seuls : des créatures radioactives occupent les lieux depuis la Seconde Guerre Mondiale…

Dead Mine : le train-train de la mine ?

Décidément, l’Indonésie est à la mode ! Après le totalement fou The Raid, et alors que le très spécial Modus Anomali sort demain sur les écrans, c’est dans les îles de l’Archipel que Steven Sheil et son équipe ont posé leurs bagages pour tourner ce Dead Mine ! Un cadre inhabituel pour le public occidental, plutôt habitué aux productions japonaises, chinoises, ou Thaïlandaises en matière de cinéma de genre.

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Dès lors, comment exploiter le cadre offert par ce paysage idyllique ? En basant son histoire sur une légende locale pardi ! Un épisode moins connu des Européens issu de la 2nde guerre mondiale : l’or de Yamashita, du nom de ce général Japonais ayant volé un butin s’élevant à plusieurs dizaines de milliers de dollars en Asie du Sud-Est pour le cacher dans des îles des Philippines. S’inspirant de cette histoire, Steven Sheil développe son intrigue et exploite les paysages sud-asiatiques, avec leurs nombreuses grottes reconverties durant la guerre en abris.

EXCLUSIF ! On a enfin trouver une carte complète de la Gare du Nord !

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Une légende, des paysages grandioses, un contexte peu exploité chez nous, une situation qui dérape pour finir en chasse à l’homme : on se dit que le film, s’il ne semble pas payer de mine, à quand même un petit potentiel ! Bénéficiant d’une lumière et de décors soignés, le film parvient à nous faire descendre avec lui dans la mine, dont le rendu est également fort appréciable à l’œil. Idem pour les créatures au design plutôt sympa et inhabituel, même si certains effets auraient gagné à être perfectionnés, comme ce soldat dont les lèvres bougent très peu lorsqu’il parle, laissant ainsi clairement deviner le comédien derrière le masque. Malgré ces quelques points, au niveau de la facture technique, le film est dans l’ensemble bien parti.

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La première moitié du film, consacré à l’exploration de la mine, suscite l’intérêt quant à l’objet réel de l’expédition : la progression du récit est régulière, la caractérisation des personnages est rapide et efficace, et l’évolution de certains d’entre eux, notamment le personnage de l’historienne joué par Miki Mizuno, parvient à nous faire accrocher au récit. On regrette cependant la façon très verbale qu’a le film de développer son histoire : la plupart des enjeux, notamment l’origine des créatures, sont expliciqués au cours de dialogues, parfois un peu long (la scène du soldat japonais principalement). Un peu de mystère ou de simples allusions auraient peut être donné une aura plus mystérieuse au film, là où le dialogue a plutôt tendance à désamorcer l’effet des révélations en leur donnant un côté très distant et mécanique.

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Passé cette mise en bouche donc, lorsque les « créatures » – dont nous tairons les natures pour ne pas vous spoiler l’élément majeur de l’intrigue – se réveillent, on se dit alors que tout peu basculer, et que la situation peut totalement dégénérer. Le film réserve même quelques surprises, notamment s’agissant de l’identité des créatures, et de l’issue choisie quand deux… « groupes » se retrouveront face à face. Par ailleurs, au delà de son strict sujet de chasse au trésor, le film propose un sous-texte plus intéressant sur ce que signifie être soldat de nos jours, mais aussi sur les répercussions que peuvent avoir encore aujourd’hui les secrets de l’Histoire restés enfouis. Et ces points là, eux, ne sont heureusement pas rendus explicites par le dialogue !

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Mais en dépit de ses qualités et de son potentiel, le film ne parviendra pas réellement à décoller : se frottant à des références comme The Descent, Dead Mine ne parvient pas à rendre réellement l’atmosphère claustrophobe qu’il est censé instaurer, ni à créer une réelle tension. Globalement, la trame du récit reste très linéaire, et donne l’impression d’assister à une partition trop bien réglée, limitant la « peur » promise : elle n’arrive quasiment pas. De la même manière, l’effet surprise des attaques de créatures est parfois amoindrie par un découpage qui enlève une partie de son dynamisme à chacune des agressions sauvages. Le traitement de la terreur et de la violence reste ainsi très timoré, le film hésitant trop sagement entre action et horreur, sans jamais clairement choisir le ton adapté à la scène qui convient. Une tonalité hybride donc, mais jamais débridée, qui tourne à son désavantage.

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Attention, nous n’avons pas à faire à un mauvais film, mais loin d’être inoubliable : l’ensemble se laisse suivre agréablement, sans regarder ni sa montre ni se lever de son fauteuil pour aller faire sa pause Tic-Tac, mais sans suspense non plus. Les attaques des créatures sont dans l’ensemble réussies, bien qu’elles auraient pu gagner en dynamisme. De même, on sent que Steven Sheil s’applique et la réalisation est soignée, mais les notes d’intentions du films sont amoindries par une série de détails, techniques ou scénaristiques, et un enchainement d’éléments un peu trop calibrés, qui font que le train de la mine ne déraille pas complètement.

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Le personnage de Warren Pryce, par exemple, est tout simplement « abandonné » au cours du récit alors même que son changement de nature pourrait donner une nouvelle tournure à l’histoire. On regrette donc paradoxalement la disparition de ce personnage antipathique, et encore plus que sa métamorphose intervienne aussi tard dans le récit ! On regrette par contre un peu moins la disparition de sa petite-amie, archétype même du personnage féminin sans réelle consistance et dont la seule présence semble dispensable tout au long du récit, tant ses actes (ou plutôt ses non-actes et cris perçants) auraient pu être faits par un autre protagoniste. Fort heureusement, le personnage de Miki Mizuno vient apporter un contrepoint à ce niveau.

Et la palme d'or du couple qui mérite une paire de claque est attribué à...

Et la palme d’or du couple qui mérite une paire de claque est attribué à…

Autre personnage à subir le même sort : celui de l’ingénieur interprété par Sam Hazeldine, qui va lui aussi tout bonnement disparaître du récit sans que l’on sache ce qu’il adviendra de lui, et alors que nous l’avions laissé dans une posture plutôt délicate sans donner non plus de certitudes sur son issue. Sans parler de la fin, assez abrupte, qui nous amène à nous demander s’il ne manque pas une scène supplémentaire, voire 10 minutes de plus au film.

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Autant d’éléments qui laissent supposer que le film a souffert soit de problèmes d’écriture, soit de coupes au montage, où de contraintes de tournage importantes  tant certains événements clés semblent oubliés ou passés sous silence. Sans dévoiler totalement le pourquoi du comment, Steven Sheil a néanmoins apporté un début de réponse à ces questions sur son compte twitter :

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Sans passer un désagréable moment, il manque toutefois quelque chose à Dead Mine pour vraiment retenir l’attention. La faute à une histoire qui , malgré son potentiel, souffre  de sa courte durée et laisse un sentiment d’inachevé. Comme si  le film avait, au final, manqué de budget et de temps : un tournage international dans une telle région coûte forcément de l’argent. Pas un mauvais film, donc, on se laisse porter par l’histoire et qui parvient à piquer notre curiosité. La base scénaristique s’avérait plutôt intéressante,  malheureusement à aucun moment le réalisateur ne va au bout des idées qu’il commence à mettre en place, et la terreur promise n’arrive finalement pas. Reste un petit film sympathique, ni plus, ni moins !

 

Un DVD qui creuse le sujet

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Proposant une édition simple et lisible,  qui permet d’accéder facilement au contenu souhaité, l’édition proposée par Wild Side propose trois pistes audio (anglais, français, et allemand), ainsi que des sous-titre Français, Allemand, et… Néerlandais (choix curieux, mais l’Indonésie étant une ancienne colonie Hollandaise, le film sera-t-il distribué par la bas ?). Du côté des bonus, trois modules nous permettent d’en apprendre un peu plus sur le film !

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  • Entretiens avec l’équipe du film : Premier bonus de cette édition, différents entretiens avec une bonne partie du casting. Ario Bayu, Carmen Soo, Joe Taslim, Les Loveday, Mike Lewis, Miki Mizuno (peu bavarde) se succèderont ainsi pour décrire leur personnage, son rôle, relater leurs impressions quant aux relations entre le casting, le fait de travailler avec Steven Sheil, ou d’avoir du suivre un entrainement militaire pour certains, et exprimer les raisons pour lesquelles ils ont accepté de jouer dans le film. Mention spéciale à l’interview de Sam Hazeldine, seul personnage de la bande à livrer un début d’analyse sur le film. Ainsi, la ou tous les acteurs ont répondu avoir voulu jouer dans Dead Mine en raison de son scénario, ou tout simplement parce qu’ils voulaient être de cette première production HBO, Hazeldine lui esquisse un début de réflexion sur le sens réel du film : Dead Mine parle de ce que veut dire « être soldat » aujourd’hui, et que c’est ce qui rend selon lui le film intéressant. Intéressant également, l’entretien avec Ian Bailey, chef décorateur, qui explique comment et pourquoi ils ont donné cet aspect à la mine, ainsi que le déroulement du travail en studio. Et certains de ses propos laissent augurer un film peut être un peu plus violent que ce qui est affiché à l’écran. Dommage qu’un entretien avec le réalisateur n’ai pas été intégré !

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Carmen Soo en plein interrogatoire !

Carmen Soo en plein interrogatoire !

Sam Hazeldine s'autorise quelques réponses assez rock'n roll !

Sam Hazeldine s’autorise quelques réponses assez rock’n roll !

Miki Mizuno

Miki Mizuno

  • A l’intérieur de la mine : en plus des entretiens, un making-of de 13 minutes nous dévoile le tournage de certaines scènes du film : la ballade en forêt et la découverte du site, la manière dont Steven Sheil dirige ses comédiens, la scène de la fusillade, qui précipitera notre troupe dans l’enfer de la mine, ou encore le tournage de deux scènes de confrontation entre les créatures et nos explorateurs, et de constater que mange dans un costume en latex, c’est pas toujours évident !

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  • Scènes coupées : enfin, 5 scènes coupées viennent compléter les bonus précédents. L’une d’elle notamment, se révèle particulièrement intéressante puisqu’elle éclaire les réelles motivations du commanditaire de l’expédition, Warren Pryce. Dommage donc, que la scène ait été enlevée, puisque ce passage, en une simple phrase, permettait de changer la vision que l’on pouvait avoir du personnage, de lui donner plus d’empathie et de complexité auprès du spectateur et d’éclairer son destin d’un nouveau regard. Mais en raison de cette coupe, le personnage garde donc cette image de jeune homme arrogant et capricieux, et quelque peu superficiel dans l’histoire.
- Mais pourquoi tu t'es fait une entaille ? -Ben ils m'ont dit que je devais jouer dans la scène coupé !

– Mais pourquoi tu t’es fait une entaille ?
-Ben ils m’ont dit que je devais jouer dans la scène coupé !

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Si le film n’est pas désagréable, sans être marquant, les bonus laissent supposer que si le réalisateur avait été détenteur d’un Director’s cut, ou dans une production indépendante, le film aurait pu donner tout autre chose. Si l’on met de côté les propos très « promotionnels » des acteurs, à l’exception de Sam Hazeldine, on réalise qu’il y a peut être un décalage entre la version de l’histoire telle qu’elle fut écrite par Steven Sheil et le résultat final à l’écran : en effet, les entretiens, notamment celui du chef décorateur, laissent clairement entendre un résultat bien plus sanglant que celui présenté. Pour en avoir le cœur net, il sera donc intéressant de savoir qui a obtenu le Cut sur ce film, et de savoir si le résultat proposé aujourd’hui est bien le strict reflet de sa vision initiale.Il sera également intéressant de suivre la direction que prendront les prochains projets de Steven Sheil. Retournera-t-il à des productions locales ou plus indépendantes, ou continuera-t-il dans le sillon plus tracé des films de commande (ou à défaut plus encadré) ? Et comment le discours relatif à Dead Mine évoluera une fois sorti de promotion et que le recul sur cette expérience sera acquis ?

Cette critique tu likeras et partagera, ou de la machette tu tâteras !

Cette critique tu likeras et partagera, ou de la machette tu tâteras !

Dead Mine, un film de Steven Sheil, avec Sam Hazeldine, Miki Mizuno,. Disponible le 15 mai 2013 en DVD et Blu-ray chez WildSide.

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Consequences will never be the same !

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