[Critique] La planète des singes : l’affrontement
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Rendez à César ce qui appartient à César ! 3 ans après avoir imaginé les origines de la mythique saga La planète des singes, l’Affrontement s’apprête à passer un cran au dessus dès demain dans les salles ! Et parole de GentleGeek, vous n’aurez pas à faire à de la monnaie de singe !

img_affrontement1Nous vous en parlions en avril dernier, les premiers extraits de La planète des singes : l’affrontement nous avaient plutôt laissés une bonne impression. A l’aube de sa sortie en salle, le film confirme-t-il cette bonne impression ? Car si le précédent épisode, bien que sympathique, s’avérait un peu simpliste, l’Affrontement affichait clairement ses intentions un poil plus sombres et promettait de rentrer dans le vif du sujet…

Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

Avé, César

Reprenant le récit 10 années après les événement de « Les origines« , l’Affrontement nous emmène dans un monde déserté par les humains après que le virus « macaque » ne se soit propagé. César vit désormais en harmonie avec ses pairs, dans une tribu dont il est le leader incontesté. Mais l’arrivée d’un groupe de survivants va venir bouleverser cet équilibre et forcer l’ordre des choses.

Chapeau l'artiste !

Chapeau l’artiste !

l’histoire de l’Affrontement se concentre avant tout sur la tribu de singesPremier constat, là où les origines gardait une part assez belle à James Franco et sa relation avec César, l’histoire de l’Affrontement se concentre avant tout sur la tribu de singes, nous plongeant en immersion dans son quotidien, et ne singe donc pas son aîné. A l’image d’un blockbuster, le film s’ouvre d’ailleurs sur des séquences intimistes, paisibles, se permettant d’appliquer certains passages obligés (étalage du bonheur, nouvelle paternité), à ceci près que les humains habituels sont remplacés… par des singes !

Wakatépé, baboun !

Wakatépé, baboun !

le film est loin de tomber dans un manichéisme primaireEt ça fonctionne ! En dépit du classicisme des situations, on y croit, et on adhère, l’empathie est totale et on sera tour à tour ému, attaché, inquiets par les membres de la tribu, avec qui le lien perdurera tout au long du film. Si les passages obligés de tout blockbuster sont bien présents, le film est loin de tomber dans un manichéisme primaire, où les « gentils » singes se retrouvent obligés de se défendre face aux vils humains : l’affrontement en question ne sera d’ailleurs pas déclenché par ceux auxquels on pense au départ, tout comme il sera rappelé plusieurs fois que le virus responsable du chaos est avant tout une création humaine.

You just came to the wrong neighboorhood, Monkeyfucker !

You just came to the wrong neighboorhood, Monkeyfucker !

très bon travail de performance capture des comédiens, Andy Serkis en têteUne empathie qui est aussi le fruit du très bon travail de performance capture des comédiens, Andy Serkis en tête, qui donne à César non seulement des émotions, mais surtout le regard et les expressions qui permettent de les communiquer parfaitement. Servis par des effets spéciaux bluffants – on entendra surement encore parlé de leurs responsables – l’ensemble du casting de performance capture effectue un travail colossal et donne une réelle âme aux singes, qui deviennent bien plus que de simples protagonistes.

KEUWA ? C'était pas des vrais singes sur les chevalins ???

KEUWA ? C’était pas des vrais singes sur les chevalins ???

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Un film malin comme un singe !

César ne nous avait donc pas raconté de salades !Loin de tenir un discours moralisateur, singes et humains ont tout deux leurs torts et leurs qualités, des figures vertueuses ou moins vertueuses, d’un côté comme de l’autre, mais qui n’hésitent pas à montrer un visage parfois plus sombre ou attendrissant. Pas de méchant archétypal ici, tous suscitent de l’empathie, nous attendrissant par leur vécu, nous tétanisant quand ils changent du tout au tout pour sombrer dans le chaos. Ainsi, qu’il s’agisse de César, dont l’autorité et le jugement seront parfois remis en question, ou du personnage de Gary Oldman, leader du groupe de survivants, le film évite les trop grosses caricatures, chacun défendant des positions cohérentes selon son passif, et assumant les responsabilités et conséquences d’une situation dont ils héritent plus qu’ils ne l’ont créée. Un traitement qui reflète parfaitement les propos tenus par Andy Serkis lors de sa présentation du film. César ne nous avait donc pas raconté de salades !

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Du côté des humains, hormis Jason Clarke et Oldman, qui font le job, on regrette que les autres personnages (interprétés par Keri Russel et Kodi Smitt-McPhee) se retrouvent plus en retrait et aient un impact plus limité sur le récit.

une réalisation particulièrement léchée, qui nous offre quelques séquences superbesPour mener a bien cet exercice d’équilibriste, exit Rupert Wyatt, place à Matt Reeves, à qui l’on doit Cloverfield et Let me in, le remake de Morse. Et on aurait tort de penser que Matt Reeves n’était pas un cinéaste de premier plan pour permettre à la franchise de décoller : force est de constater que son travail sur la Planète des singes est plus qu’à la hauteur. Le réalisateur propose une réalisation particulièrement léchée, qui nous offre quelques séquences superbes (l’incendie, ou encore l’attaque du bastion humain, haletant de bout en bout). Matt Reeves s’autorise même quelques plans séquences et une vue subjective à bord d’un char d’assaut plutôt sympa. C’est donc avec plaisir qu’on le retrouvera sur le prochain épisode de la saga, le jeune réalisateur ayant été confirmé pour diriger les opérations une nouvelle fois.

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un dernier acte gigantesque, au plan final excellent et annonciateur du chaos à venirLa réalisation de Reeves, excellente, s’accompagne de plus par un récit particulièrement équilibré et maîtrisé, entre temps calmes et tension croissante qui donne une réelle progressivité à l’histoire : chaque séquence un peu action est amenée dans son contexte, sans rupture de ton brutale, ou d’effets tape à l’œil. L’issue étant déjà connue en raison de la première saga, plutôt que de miser sur un faux effet de surprise, Reeves s’est en effet concentré sur les événements qui ont conduits à cette situation, et les drames internes qui ont provoqués certains choix décisifs. On regrettera l’impression de linéarité que peut parfois donner le récit, qui reste la encore relativement classique, mais qui ne gâche en rien le plaisir d’un dernier acte gigantesque, au plan final excellent et annonciateur du chaos à venir.

Mais qu'esssst ce qu'on attend pour foutre le feu !

Mais qu’esssst ce qu’on attend pour foutre le feu !

 

En conclusion
Abordant les thèmes de la famille, de la tribu, de la trahison ou des valeurs, La planète des singes : l’Affrontement se veut plus sérieux dans son ton et son approche que le premier opus. Toutefois, le film reste un blockbuster particulièrement didactique, accessible, et qui offre une porte d’entrée plus qu’agréable à un univers de science-fiction pas toujours accessible ou apprécié. Renversant la tendance par rapport à la saga originale en plaçant les singes au centre du récit, La planète des singes : l’affrontement rempli son rôle de divertissement sans pour autant céder à la facilité. Grâce à des personnages et une histoire qui évite les raccourcis ou les catégorisations, et à une réalisation et des effets franchement réussis, l’Affrontement est une agréable surprise pour l’été !

La planète des singes : l’affrontement. Un film de Matt Reeves, avec Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman, Keri Russel, Kodi Smitt-McPhee. Au cinéma le 30 juillet 2014.

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