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Après un retour tonitruant sur consoles en 2014, la licence de FPS Wolfenstein capitalise sans réelle surprise sur son succès renouvelé. A défaut de nous offrir un nouveau « vrai » jeu, c’est un préquel à The New Order qui est proposé sous la forme d’une extension stand-alone. De quoi se défouler efficacement à petit prix.

Wolfenstein : The New Order avait permis l’année dernière de retrouver B.J. Blazkowicz dans un reboot de la célèbre franchise de FPS. Plutôt efficace dans son ensemble, le titre de MachineGames souffrait de quelques lacunes au niveau du level design et de l’IA, mais faisait très largement le job. Lorsque Bethesda a annoncé récemment la sortie d’une préquelle au titre, àp petit prix et ne nécessitant pas de disposer du jeu de base pour être joué, il y avait toutes les raisons de se réjouir.

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Tout est bon dans le Blazko !

 

Pour une vingtaine d’euros, The Old Blood propose 8 nouveaux chapitres des aventures du soldat zigouilleur de nazis, à travers de nouveaux environnements rassemblant de nouveaux ennemis, et avec de nouvelles armes. Comme il ne s’agit pas d’un jeu d’aussi haut vol que le premier opus mais davantage d’une extension, la durée de vie s’en fait ressentir, et le tout se boucle en moyenne en une huitaine d’heures. Vu le prix, ça reste plutôt correct, d’autant que le gameplay permet de profiter de l’expérience comme il se doit.

On se tient au courant

Comme souvent quand on nous propose un nouveau jeu qui n’en ait pas vraiment un, The Old Blood repose sur une proposition relativement basique, à savoir reprendre les ingrédients du jeu auquel il se rattache, en n’intégrant que quelques ajouts qui permettent au joueur d’y voir un peu de neuf, le tout sans griller les éventuelles nouveautés d’un « vrai » nouvel opus. Pour autant, on peut tout de même apprécier quelques intéressantes nouveautés, notamment du côté des ennemis et des moyens de transport : on en trouve désormais qui sont reliés à l’électricité par le biais de câbles fixés au plafond, comme des tramways. Dans le cas des ennemis, cela donne d’intéressantes phases de jeu où il faut couper l’électricité pour mettre les soldats hors d’état de nuire. Dans le cas des moyens de transport, il faut activer le courant pour les rendre fonctionnel, ce qui a généralement pour effet d’alerter les soldats ennemis.

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Sympa la collection !

 

D’ailleurs, ces points permettent d’aborder une évolution bienvenue dans le gameplay, à savoir la valeur nouvelle donnée à l’infiltration. Dès le début du jeu, le ton est donné : être discret sera nettement plus de mise que dans The New Order, qui enchaînait bien vite des gunfights nerveux mais parfois longuet. Alors pas de panique, on se tire encore dessus dans The Old Blood, mais ce n’est plus le cœur du jeu et c’est franchement tant mieux.

Autre ajout notable : la possibilité d’escalader des parois friables en se servant d’un tuyau qui, une fois divisé en deux, peut faire office de piolets. C’est un peu poussif – ou bien Blazkowicz est vraiment hyper balaise – mais ça permet d’exploiter davantage les décors. On ne parlera pas du manque de cohérence avec The New Order, qui ne permet pas de le faire alors qu’il se déroule après : c’est toujours le problème avec les préquelles…

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Blazko les bons tuyaux !

Retour aux sources

En (r)envoyant le joueur dans le célèbre château Wolfenstein, le jeu fait un énorme clin d’oeil aux débuts de la franchise, et ancre davantage son intrigue dans le paranormal, après avoir exploité les ficelles de l’uchronie (dans laquelle on reste, puisque les événements se déroulent ici en 1946, et la guerre n’est pas terminée). The Old Blood réalise donc un virage scénaristique intéressant qui permet de ne pas avoir l’impression de jouer à un « sous The New Order » et parvient à développer un intéressant potentiel.

Mais le jeu n’est pas vide de problèmes, ça aurait été trop beau. S’il ajoute quelques éléments par rapport au précédent volet, il ne corrige quasiment aucun de ses défauts.

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Comme un air de déjà-vu…

 

On peut citer notamment le game design : si ce dernier s’adapte aux nouveaux éléments de gameplay – on peut grimper et casser des murs à coup de tuyau – il reste globalement sans grande surprise. On enchaîne les couloirs étroits et les grandes salles pleines de recoins, où l’on devenir systématiquement qu’on aura droit à un bon petit gunfight des familles. Parfois il est possible de les éviter en se la jouant discret, mais le tout manque de subtilité et on est jamais surpris par ce qui arrive. Quant aux décors, s’ils s’avèrent un peu plus variés que dans The New Order, on reste dans quelque chose d’extrêmement classique.

L’autre point noir reste l’intelligence artificielle, qui est clairement toujours la même que dans le volet précédent. Il ne faut donc pas s’attendre à des ennemis particulièrement intelligents : si certains n’hésiteront pas à balancer une grenade ou à se mettre à couvert, une bonne partie se contentera de vous tirer dessus d’un endroit où vous n’aurez aucun mal à les dégommer, sauteront d’une balustrade au moment le plus propice à se faire tuer, ou encore auront un temps de réaction exagéré lorsque vous sortirez de votre cachette. Le vrai problème des ennemis, c’est surtout leur nombre, et le risque est donc plus de se faire submerger que de se faire prendre à revers par un soldat intelligent.

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Ceci n’est pas votre nouveau pote.

Un défouloir très honnête

The Old Blood reprend une recette déjà connue mais ce n’est pas pour autant qu’on ne s’amuse pas en y jouant : comme son aîné, le titre permet de se défouler comme il se doit, et ceux qui ont envie de se la jouer un peu plus infiltration pourront tenter leur chance. Et puis le scénario tente de surprendre comme il le peut, même si on peut regretter que la fin du jeu tombe dans des poncifs qui n’ont plus rien d’original aujourd’hui – les fans des premiers Wolfenstein ne seront pas spécialement surpris. Dommage également pour le combat final, qui s’avère être la réelle déception du jeu – on n’en dira pas plus, histoire de permettre à chacun de se faire une idée.

Wolfenstein : The Old Blood propose un contenu au rapport qualité/prix très honnête, et en cette période estivale où les amateurs de FPS n’ont pas forcément grande-chose à se mettre sous la dent, le titre est clairement bienvenu. Si vous avez aimé The New Order, voici l’introduction idéale, et si vous avez déjà fait le jeu, vous ne serez pas dépaysés. De toute façon, toutes les occasions sont bonnes pour dégommer du nazi !

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Allez, bisous !

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B.J. Blazkowicz Wolfenstein Wolfenstein : The Old Blood
L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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