Alors que la diffusion de la saison 4 de Fringe  reprend la semaine prochaine aux Etats-Unis, peut-être est-il temps de parler du coffret DVD de la saison 3.
Après une première saison basĂ©e sur l’introduction de l’Ă©quipe, le savant fou Walter Bishop, son fils moins fou mais non moins savant Peter, et l’agent du FBI Olivia Dunham, ni savante ni folle, juste agent du FBI, la saison 2 se consacrait un peu plus profondĂ©ment Ă la mythologie de l’univers (enfin, des univers) de Fringe, introduisant plus prĂ©cisĂ©ment le monde parallèle source de tous les dangers, et nous laissait en plan dans un suspens insoutenable. (vous avez dit « cliffhanger »?).

Deux pour le prix d’une, promotion spĂ©ciale :Â
La troisième saison, Ă travers le final du 301, » prise au piège« , s’ouvre de façon surprenante, la sĂ©rie ne prenant clairement pas la direction Ă laquelle on aurait pensĂ© spontanĂ©ment. Outre cette sensation agrĂ©able d’ĂŞtre surpris, la tournure des Ă©vènements permet d’approfondir la connaissance que l’on a de l’autre univers.
Tout en gardant le principe du « je fais avancer l’histoire gĂ©nĂ©rale grâce Ă des enquĂŞtes de la semaine plus ou moins inspirĂ©es », la première partie de la saison alterne en effet entre les deux univers et le rĂ©sultat, parfois peu passionnant du point de vue des intrigues, est très intĂ©ressant au niveau des personnages, usant assez intelligemment du concept de « Et si…? », nous donnant enfin Ă voir l’univers alternatif autrement qu’au travers du prisme du nĂ´tre. Et, au bout de deux saisons, il Ă©tait grand temps de confronter les points de vue (bien que les saisons prĂ©cĂ©dentes n’aient jamais sombrĂ© dans le manichĂ©isme primaire).
On pourra regretter quelques Ă©pisodes sirupeux, qui n’ont pas franchement d’intĂ©rĂŞt, et tout le monde n’apprĂ©ciera pas les situations whatethefuckesques de la seconde moitiĂ©… Mais ceux qui adhèrent aux personnages et aux relations/influences qui les lient vont ĂŞtre franchement sĂ©duits.
Le deuxième univers très prĂ©sent permet une opposition quasi constante entre les versions des diffĂ©rents personnages, dans un jeu des sept erreurs agrĂ©able Ă suivre, sans compter le questionnement dans lequel il peut plonger le spectateur, Ă travers les personnages : si telle ou telle possibilitĂ© s’Ă©tait prĂ©sentĂ©e, si tel ou tel choix avait Ă©tait fait, que se serait-il passĂ©? (bon, la sĂ©rie n’est pas non plus Ă©crite par Platon et Descartes, soyons bien d’accord).
Et puis, deux Olivia, c’est deux fois plus de plaisir…
Les acteurs servent très bien l’histoire, tous s’acquittant très bien de leur(s) tâche(s), sans grossir les diffĂ©rences entre les doubles, et rendant l’ensemble très crĂ©dible. Mention spĂ©ciale Ă Anna Torv, plutĂ´t douĂ©e non seulement pour nous servir deux Olivia très naturelles, mais Ă©galement très Ă l’aise dans la mise en abyme de ses personnages.
Coffret DVD pour bonus bonux :
Le coffret DVD en lui-mĂŞme est classique et sobre, mais la finition nacrĂ©e de la jaquette cartonnĂ©e de la saison 2, et l’effet mat du titre sur la tranche ont Ă©tĂ© oubliĂ©s. OubliĂ© aussi le livret Ă pages, offrant assez de place pour une ou deux photos promotionnelles supplĂ©mentaires, au profit d’un dĂ©pliant… Question de goĂ»t.
Les DVD affichent deux couleurs, s’assortissant ainsi Ă leur contenu (puisque la saison met en scène les deux univers).
Les menus sont sans fioritures, mais sont fidèles Ă la sĂ©rie… A part le gĂ©nĂ©rique qui tourne en boucle et repart du dĂ©but Ă chaque changement d’Ă©cran, de quoi vous filer mal au crâne avant mĂŞme d’avoir lancĂ© les Ă©pisodes.
Les bonus quant Ă eux, sont assez dĂ©cevants. Seuls deux Ă©pisodes sont commentĂ©s (303, « au dĂ©tail près« , et 319, « qui veut la peau d’Olivia Dunham?« , titre très bien traduit, en passant, de la version originale « Lysergic Acid Diethylamide » ). On aurait pu s’attendre Ă plus, d’autant que les deux Ă©pisodes commentĂ©s ne sont pas forcĂ©ment les plus intĂ©ressants scĂ©naristiquement parlant, « qui veut la peau d’Olivia Dunham? » Ă©tant surtout intĂ©ressant pour sa forme, plus que son fond.
Les autres ne sont que de vagues commentaires composĂ©s de la sĂ©rie, et restent bien trop en surface. Heureusement qu’ils nous offrent quelques impressions des acteurs sur leurs personnages et leurs façons d’aborder les rĂ´les.
Bonus :
– 303 : Au dĂ©tail près, Commentaire audio du producteur exĂ©cutif Jeff Pinker, de la scĂ©nariste de l’Ă©pisode Monica Owusu-Breen et du monteur Timothy A. Good
– 319 : Qui veut la peau d’Olivia Dunham? Commentaire audio de la productrice Tanya Swerling, du monteur Luyen Vu et du superviseur des effets spĂ©ciaux Jay Worth
– Qui veut la peau d’Olivia Dunham?, Version animĂ©e de l’Ă©pisode :  explication rapide sur le travail monstrueux qu’a prĂ©sentĂ© cet Ă©pisode.
– La dualitĂ© des mondes :  La psychologie de la dualitĂ©, l’autre toi, Visualisation d’un monde alternatif et La machine du destin : titre compliquĂ© pour un vague commentaire composĂ© de la sĂ©rie, superficiel, et quelques processus de crĂ©ation des dĂ©cors… IntĂ©ressant, mais sans plus.
– Manipulation inconsciente :  construction d’un paysage sonore extra-sensoriel :  titre encore plus compliquĂ© pour une brève et toute bĂŞte coulisse sur la crĂ©ation des thèmes musicaux. A nouveau, le sujet est Ă peine effleurĂ©.
– Secrets de Fringe :  les premiers Hommes : on soulève quelques questions et mystères, sans y rĂ©pondre.
– BĂŞtisier
– Bandes-annonces : Le jour de notre mort, Le retour, Prison dorĂ©e.Â

Ce coffret ne casse donc pas cinq pattes Ă un ornithorynque, mais fait ce qu’on lui demande, sans plus : la saison 3 y est prĂ©sente, avec une belle qualitĂ© d’image, la version originale, la version française, la version allemande, les sous-titres.Â
Les bonus ne sont pas Ă ignorer, mais manquent un peu de profondeur… Mais bon, Olivia Dunham en double exemplaire, c’est un peu comme Lucy Lawless en XĂ©na : ça ne se refuse pas!!!
images via DVDSéries.





