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Quand les producteurs de Detective Dee dĂ©cident de mĂ©langer Steampunk et Arts Martiaux, ça donne Tai Chi, le premier volet d’une trilogie prĂ©sentĂ© dans divers festivals (BIFFF, Sitges, Toronto) et qui dĂ©barque aujourd’hui chez nous en DVD et Blu-ray via Wild Side. Alors Tai Chi, un film Kung Fou ?

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[styled_box title= »Synopsis » class= » »]Chine, 19ème siècle, une guerre sans fin ravage le royaume. Sur le champ de bataille, un combattant d’exception fait preuve d’une force surhumaine. Mais ce don pourrait finir aussi par le tuer. Pour survivre, il devra se rendre là où tout a commencé et percer le secret d’une pratique ancestrale…[/styled_box]

Côté Ying : Asterix chez les Chinois

img_taichiAu XIXe siècle, la Chine se modernise. Tout le pays sera bientĂ´t reliĂ© par le chemin de fer grâce Ă  la technologie occidentale. Tout le pays ? NON ! Au fin fond des montagnes, un petit village continue encore et toujours de rĂ©sister Ă  l’envahisseur !

Dignes d’un album d’Asterix, ces propos auraient tout Ă  fait pu ouvrir le film Tai Chi, de Stephen Fung. Si si, je vous assure ! Bon ok, on ne fait pas très bien le lien avec l’art martial pour l’instant, mais pourtant, il est bien question de chemin de fer la dedans. Car combiner ambiance Steampunk et film d’arts martiaux, tel Ă©tait le pari du rĂ©alisateur et des producteurs de ce Tai Chi !

Tai Chi suit le parcours de Lu Chan, un garçon un peu simple d’esprit mais nĂ© avec une corne symbole d’un grand pouvoir martial. Mais Ă  trop se battre, sa force s’Ă©puise et pourrait lui ĂŞtre fatale. Sur les conseils de son mĂ©decin, notre licorne humaine s’en va donc dans un village reculĂ© pour apprendre un art martial qui pourrait bien le sauver. Mais une autre menace prĂ©occupe les villageois avec l’arrivĂ©e d’une Ă©trange machine Ă  leurs portes…

Tu veux te battre ? Mais t'es complètement Tofu !!!
Tu veux te battre ? Mais t’es complètement Tofu !!!

[quote_right]Le steampunk apporte une touche d’originalitĂ© bienvenue et intĂ©ressante[/quote_right]DĂ©sireux de dynamiser et rajeunir le film de Kung-fu traditionnel, Stephen Fung s’intĂ©resse ici Ă  un art martial moins reprĂ©sentĂ© dans les films asiatiques visibles en occident. Et pour se dĂ©marquer, au rĂ©alisateur d’ajouter une bonne dose de Steampunk en situant son rĂ©cit au 19e siècle et l’arrivĂ©e du chemin de fer en Chine. Un Ă©lĂ©ment qui apporte une touche d’originalitĂ© bienvenue et intĂ©ressante, et qui promet notamment d’ĂŞtre davantage dĂ©veloppĂ©es dans les deux prochains films de la saga, Ă  coup de combats aĂ©riens et de boulets de canons ! Dommage toutefois que cette idĂ©e serve (pour l’instant), un discours lĂ©gèrement simpliste (les gentils villageois spirituels contre la mĂ©chante technologie occidentale). Toujours est-il que cette opposition, qui promet de gagner en puissance, est bien la bonne idĂ©e du film, et est servie Ă  ce titre par une belle photographie et lumière. Les nombreux dĂ©cors offrent d’ailleurs certaines scènes bien mises en valeur, telles le premier champ de bataille et son hĂ©ros dĂ©chainĂ© (sans potion magique), ou encore la course poursuite Ă  l’intĂ©rieur de la machine.

Il était une fois en Tai Chine.
Il était une fois en Tai Chine.

[quote_left]Le rĂ©alisateur se permet de multiplier les tonalitĂ©s[/quote_left]Suivant ainsi la destinĂ©e d’un « hĂ©ros malgrĂ© lui », dont on nous laisse entrevoir la force dĂ©moniaque qui l’anime dès le dĂ©but du film, Tai Chi propose des scènes de combats fluides, orchestrĂ©es par Sammo Hung, et assez didactiques, mĂŞme si les rĂ©els combats sont assez brefs. On retient tout de mĂŞme des scènes d’actions sympathiques et bien chorĂ©graphiĂ©es. Et ça fait toujours plaisir de croiser Tony Leung (celui de Detective Dee, en photo, pas celui de Wong Kar-Wai) ! Le rĂ©alisateur se permet de plus de multiplier lesimg_taichi7 tonalitĂ©s en employant tant le registre de la comĂ©die, que des passages muets en noir et blanc, en animation 2D, et, Ă  l’instar de Scott Pilgrim, propose de nombreux gimmick visuels informatifs qui surgissent en cours de rĂ©cit (noms de personnages, de lieux, onomatopĂ©es) empruntant au domaine des jeux vidĂ©os et de la bande dessinĂ©e, le tout mĂ©langĂ© tel un vĂ©ritable tai chi parmentier ! (boite Ă  rire)

Inventif visuellement donc, le film possède toutefois les dĂ©fauts de ses qualitĂ©s : Ă  trop vouloir en faire, le film perd un peu en cohĂ©rence. A vouloir s’attaquer Ă  plusieurs fronts et en employant plusieurs style, le film peine Ă  trouver une identitĂ© stable, et demeure une sorte d’hybride dont le mĂ©lange n’est pas toujours harmonieux. On ne sait jamais trop si on est dans la comĂ©die ou le rĂ©cit initiatique, et Stephen Fung tend alors Ă  traiter beaucoup de ses enjeux Ă  la lĂ©gère. Plusieurs sĂ©quences sont ainsi expĂ©diĂ©es aussi vite qu’elles sont arrivĂ©es, Ă  l’instar du destin de la mère du hĂ©ros, de la « naissance » du mĂ©chant, ou encore des enjeux de l’arrivĂ©e de l’industrie dans le pays qui aurait pu offrir une trame de fond plus dense (peut ĂŞtre dans les autres films ?). De la mĂŞme manière, les capacitĂ©s rĂ©elles du hĂ©ros sont pour l’instant encore sous exploitĂ©es, de mĂŞme que la prĂ©sence de la machine aux portes du village, et il faudra certainement attendre l’un des prochains films pour avoir droit Ă  une vĂ©ritable scène de combat d’anthologie mettant Ă  profit tous ces Ă©lĂ©ments.

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[quote_right]les nombreux gimmick visuels et Ă©critures incrustĂ©es viennent rapidement alourdir les plans[/quote_right]Une lĂ©gèretĂ© du rĂ©cit qui se renforce lors de certaines scènes censĂ©es ĂŞtre clĂ©s dans le rĂ©cit, comme lors de la dĂ©fense contre l’armĂ©e occidentale, armĂ©e de fusils, et oĂą les villageois se dĂ©fendent en lançant des fruits, faisant peu appel aux arts martiaux. Si le cĂ´tĂ© comique recherchĂ© est la, la scène laisse quand mĂŞme quelque peu crĂ©dule. Cette impression est d’autant plus renforcĂ©e par le dĂ©coupage de en trois parties de l’histoire : forcĂ©ment, le film est avant tout une grande introduction Ă  l’univers de Tai Chi et met en place tous les Ă©lĂ©ments qui auront leur importance dans la suite du rĂ©cit. MalgrĂ© tout, le temps passe vite pendant les 1h34 que dure le film, les temps morts sont peu nombreux et des rebondissements prĂ©sents permettent de faire avancer l’histoire, mais le rĂ©alisateur aurait gagnĂ© Ă  faire le choix d’un ton clair et de se concentrer sur un aspect de son sujet afin de livrer un rĂ©cit plus dense aux enjeux plus travaillĂ©s.

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De mĂŞme, les nombreux gimmick visuels et Ă©critures incrustĂ©es viennent rapidement alourdir les plans, et encombrer l’Ă©cran par un trop plein d’informations peu lisible. Si l’idĂ©e semblait bonne au dĂ©part (notamment pour introduire les comĂ©diens, totalement inconnus chez nous hormis tony Leung), la surcharge d’information finit rapidement par rendre le tout peu lisible, notamment les indications de lieu. Les titres Ă  rallonge des comĂ©diens finissent Ă©galement par devenir de trop.

[styled_box title= »Tai Chi, licorne, carnĂ© ? » class= » »]Film avant tout destinĂ© Ă  un public jeune, reprenant en masse les codes du jeux vidĂ©o et de la bande dessinĂ©e, Tai Chi se caractĂ©rise par une ambiance lĂ©gère, une image superbe et des chorĂ©graphies fluides. Partant parfois dans tous les sens au dĂ©triment d’un rĂ©cit plus cohĂ©rent, Tai Chi reste un agrĂ©able divertissement qui aurait gagnĂ© Ă  ce que le rĂ©alisateur se concentre sur son sujet. Dommage cependant que cette première partie se focalise avant tout sur la forme au dĂ©triment du fond, oubliant au passage certains enjeux en les traitant Ă  la va vite. Les puristes ou les fans de films d’arts martiaux purs passeront leur chemin au profit de films plus aboutis. Mais Tai Chi reste nĂ©anmoins un divertissement dynamique au potentiel certain, qui se laisse suivre sans dĂ©plaisir. Un bon moment sans prise de tĂŞte, un poil gâchĂ© par ses trop nombreux gimmicks visuels et son trop plein de lĂ©gèretĂ©.[/styled_box]

Côté Yang : le DVD et les bonus

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Du cĂ´tĂ© du DVD, rien Ă  redire sur l’Ă©dition proposĂ©e, lisible, accessible rapidement, et qui propose les classiques menus sons (Français 2.0 et 5.1 ou mandarin sous titrĂ© 5.1), chapitrage, et supplĂ©ments. A noter les animations sympa de l’Ă©cran principal et des passages entre chaque menu, ainsi que la musique qui met directement dans l’ambiance.

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  • Introduction aux deux films : dans ce module court (2min30), l’Ă©quipe Ă  l’origine du film explique brièvement la note d’intention de Tai Chi, Ă  savoir la volontĂ© de parler d’un art martial peu utilisĂ© dans la plupart des films du genre, ou de donner une autre image de ce « Tai Chi » qui Ă©voque souvent plus la gymnastique dans un parc que l’art du combat qu’il est rĂ©ellement.

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  • Tai Chi Rap : une chanson de rap pour prĂ©senter l’histoire ? En voila une idĂ©e farfelue. Après les « 7 psychocats » pour 7 psychopathes, voila un bonus du mĂŞme acabit, mĂŞme si on ne rivalise pas contre des chats. Inutile de nature donc, gadget pur, mais qui n’a d’autre prĂ©tention que de faire sourire si on y est rĂ©ceptif.
L'histoire du film en chanson : un petit coup de tai chant ?
L’histoire du film en chanson : un petit coup de tai chant ?
  • Making of : le making-of du film est divisĂ© en deux parties, chacune accessible indĂ©pendamment. Dans une première partie, les producteurs et le rĂ©alisateur expliquent les intentions du film, sa naissance,et son Ă©criture, ce qui permet de confirmer que la volontĂ© du projet Ă©tait bel et bien d’offrir un film jeune et lĂ©ger. Un bonus qui permet Ă©galement de rĂ©aliser que Tai Chi est bien un film de commande, mĂŞme si le rĂ©alisateur dĂ©clare s’ĂŞtre impliquĂ© dans le projet, chose qui tend Ă  corroborer les diffĂ©rents choix du film (rĂ©cit lĂ©ger et dynamiques, enjeux traitĂ©s rapidement, etc.), en opposition avec une mĂ©thode de travail dite « d’auteur ». Sont Ă©galement Ă©voquĂ©es la recherche des lieux de tournage, brièvement, ainsi que le tournage d’une scène oĂą nos comĂ©diens jouent quelque peu avec le feu. Dans sa deuxième partie, le making-of se concentre sur les scènes d’arts martiaux et leur rĂ©alisation les entrainements, et toute la dĂ©marche mise en Ĺ“uvre par Sammo Hung pour prĂ©parer les scènes d’actions et les comĂ©diens impliquĂ©s.

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Liens internet et bande annonce du film viennent compléter cette édition.

Tai Chi, de Stephen Fung, avec Yuan Xiao-Chao, Angelababy, Tony Leugn Ka Fai, Shu Qi. En DVD & Blu-ray depuis le 3 juillet.

Tags : AngelababyAsterixBlu-raydvdShu QiStephen FungTai ChiTony Leugn Ka FaiYuan Xiao-Chao
Jérémie

Gentle Geek Jérémie

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Un commentaire

  1. Une agrĂ©able surprise pour ma part, je n’en attendais pas grand chose mais j’ai apprĂ©ciĂ©. :)

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