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Blade Runner 2049 : critique et analyse 100% spoiler, 100% bullshit

Blade Runner 2049 est un film agaçant car il est difficile à juger. D’un côté, il est beaucoup trop long, très académique, parfois surjoué, souvent prétentieux et confus… Il fait passer l’œuvre originelle de Ridley Scott pour un film limpide (!). D’un autre côté, il offre un voyage contemplatif, hypnotique et déroutant dans un futur apocalyptique visuellement époustouflant. Il respecte à la fois son aîné et la philosophie de l’œuvre – au sens large – du trop massacré Philip Dick. C’est sans doute la meilleure adaptation de l’écrivain avec A Scanner Darkly. Même en sortant perplexe de la séance, on reste de longs moments à gamberger sur les questions existentielles posées par le film. Un peu comme après un visionnage de Fight Club, avec lequel il partage plusieurs réflexions sur la place de l’humain lambda dans la société (mais sans le nihilisme). Petite analyse 100% spoiler à chaud (et donc forcément incomplète et personnelle).

On peut tout à fait concevoir que ce film devienne culte, tout comme on peut facilement comprendre qu’il soit détesté et dénigré. Les films à théories ont au moins l’intérêt de permettre à chacun de laisser libre court à sa vision des choses, en attendant que des gens courageux décortiquent le film plan par plan (ce sera long et fastidieux). D’avance, pardon pour ce blabla peut être prétentieux et tiré par les cheveux et merci si vous avez le courage de lire !

Plus sombre et désespéré que Blade Runner

Plus de 30 ans ont passé depuis le premier film et notre perception actuelle plutôt désabusée du futur est visible dans l’évolution de l’univers, qui n’était déjà pas des plus optimistes en 1982. Fini le cyberpunk, ici on entre des deux pieds dans un monde post-apocalyptique glaçant. Le no future laisse place à un no present déprimant. La vie sur terre n’offre plus rien, tout est mort, factice et sans intérêt : la bouffe est synthétique, le travail est absurde (un robot qui tue froidement d’autres robots), un ersatz d’amour s’achète, la vie n’a aucune valeur… Ici, on questionne la réalité de tout ce qu’on voit (est-ce que les abeilles sont réelles ? Est-ce que le chien est « un vrai » ?), de tout ce qu’on ressent, de tous ses souvenirs et ses rêves… Plus « dickien », tu meurs !  Les personnages sont à la recherche d’un petit bout de réalité, de « qualitatif » (« vous avez un minuscule bout de vrai bois ? Vous êtes riche ! Je vous l’échange contre un vrai cheval artificiel ! ») . Dans Blade Runner, les réplicants renégats avaient soif de vie. On leur offrait une vie réduite, ils aspiraient simplement à en profiter plus longtemps, à continuer de la croquer à pleine dent. C’est de là que venait toute la beauté mélancolique du film, qui mettait en scène l’absurdité de l’existence. L’ennemi était la mort, qui faisait tout disparaitre. Ici, c’est l’absence de vie.

Éternelle insatisfaction

Le héros humain froid et taciturne laisse sa place au robot blasé, traversé par une crise existentielle, qui se contente néanmoins d’une meuf virtuelle (« tu me suffis telle que tu es »), tel l’internaute procrastinateur préférant naviguer sur son smartphone de manière nonchalante à la recherche d’un plaisir factice et immédiat plutôt que de faire des choses constructives. Les replicants sont des esclaves, théoriquement privés de libre arbitre. On apprend pourtant qu’ils sont capables de mentir, mais ils ne s’émancipent pas réellement.  Selon moi, ce Blade Runner 2049 ne parle pas tant des robots, du problème éthique lié à l’asservissement de nos créations, ou de leur place dans notre société. On parle ici de leur nature humaine. De l’Homme « moyen » dans un monde « fini », sans perspective, sans capacité à « s’élever » davantage. Tous les personnages aspirent à plus, chacun à son niveau. Joi aspire à devenir tangible. Elle regrette son existence « binaire » et désire apparaitre physiquement (offrant là une scène d’amour absolument fantastique). K aspire à être « spécial », à avoir un rôle unique, un passé, une place importante. Il se berce d’illusion avec une IA qui le conforte dans ses fantasmes (c’est d’ailleurs tout son objet). D’une douceur froide et naïve tout le long du film, sa mégalomanie apparaît dans son regard dément lors d’une crise hystérique, quand il croit découvrir la réalité sur sa nature. C’est pourtant un robot standard comme un autre, ce qui est subtilement révélé assez précocement par l’énigmatique Gaff dans un origami des plus éloquents (un mouton :)). Même le démiurge Neander Wallace veut davantage. Son allure de prophète (un berger ?), sa gestuelle, ses sacrifices froids, et ses mises en scène grandiloquentes (surjouées par la méthode Jared Leto) ne masquent pas son échec à devenir le dieu colonisateur tout puissant qu’il aspire à être. Il n’égale pas J.F. Sebastian de Tyrell corp. et son replicant reproducteur. Seul Deckard n’attend rien. C’est pourtant  le seul à bénéficier d’un happy end à relativiser : il ne peut pleinement savourer ses retrouvailles avec son enfant, séparé par une vitre (un plafond de verre ?). Comment être pleinement satisfait d’un film qui met en scène l’insatisfaction ?

Une critique du sentiment nostalgique

Deckard est sans doute le personnage le plus terre à terre du film. Sa vie se résume à rien et n’a de sens que dans le sacrifice qu’il réalise en vivant reclus pour la survie de son enfant. On lui offre de revivre les grandes heures de son existence avec une nouvelle Rachael, qu’il rejette froidement occasionnant sa mise à mort immédiate. Il refuse le factice. Il n’attend rien à part la mort. Et c’est ce rejet de la nostalgie, la suppression de ses sentiments (évoqué dans une conversation qui laisse encore planer le mystère autour de sa vraie nature), qui lui permettent d’arriver à son objectif.  D’un point de vue meta, c’est assez amusant de se dire que Denis Villeneuve profite d’un projet de suite d’une franchise, à l’origine très contesté, pour faire une critique des remakes et reboots qui n’ont plus la saveur de l’original (« elle n’a pas les yeux verts » dit Deckard perplexe devant Rachael). C’est aussi ironique que cette critique provienne du personnage incarné par Harrisson Ford, acteur qui profite de sa fin de carrière pour replonger dans tous les rôles qui ont fait sa gloire dans le passé. Toujours dans la critique de la nostalgie, c’est au moment où K perd Joi que ses illusions commencent à s’effriter. Il n’y a alors plus personne pour alimenter ses fantasmes. Lorsqu’il apprend sa décevante vraie nature, il parvient à se transcender en libérant Deckard, et en terrassant Luv. Comme si ses aspirations l’empêchaient de se révéler et d’agir.

Impossible d’échapper à son destin ?

Evidemment, on ne peut pas demander à un film de résoudre le sens de la vie. Néanmoins, le message de la fin du film donne des pistes philosophiques discutables. Tout d’abord, mettre en avant la capacité à se reproduire comme objectif absolu me semble gênant. D’ailleurs, c’est finalement assez étrange de voir une opposition Wallace / Replicants alors qu’ils tendent au même but. Ensuite, les replicants émancipés suggèrent à K de mettre sa vie au service de leur cause, en l’envoyant en mission pour tuer Deckard. Le sacrifice semble être présenté comme la seule valeur positive pour donner un sens à son existence. Au final, K choisit de se sacrifier pour Deckard, qui n’est personne pour lui, juste parceque la vie du vieil homme mérite davantage d’être vécue que la sienne. Il meurt sans émotion, sous la neige, avec la musique du légendaire monologue Tears in the rain, mais avec une force symbolique beaucoup plus faible. Il se met finalement au service de l’homme, tel un esclave qui n’aura jamais pu réellement s’émanciper. Ce n’est finalement pas le petit flocon de neige qu’il voulait être. D’ailleurs, la fin reste ouverte et l’ultime action de K, présenter Deckard à sa fille, pourrait mener Wallace à son but (il se faisait tracer sans difficulté par Luv). Le mouton obéit au berger ? C’est d’ailleurs étonnant que Deckard accepte de la voir en connaissance des risques. Au final, quel est donc le message ? Est-on condamné à servir une « cause supérieure » ou à ne servir à rien ? La planète est-elle vouée à la destruction car chacun s’accroche égoïstement à ses petits morceaux de vie ? Difficile à dire !

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[Critique] Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2

Après un premier volet qui tenait absolument toutes ses promesses, le réalisateur James Gunn pouvait-il continuer à surprendre avec le second volet des Gardiens de la Galaxie ? On est super content de dire que la réponse est un grand oui : l’univers de Marvel peut encore être très, très cool.

Après un premier épisode d’introduction qui a permis de rassembler la clique de mercenaires galactiques les plus cool de tout l’univers (sans nul doute), Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 avait la lourde tache de confirmer que Star-Lord, Drax, Rocket, Gamora et Groot n’étaient pas qu’une simple bonne surprise. Il est vrai qu’au milieu des super héros traditionnels du MCU, ces héros galactiques en devenir avaient une carte à jouer en matière d’originalité. Sous la houlette de James Gunn, réalisateur mais également scénariste notamment sorti de l’écurie Troma, ce groupe de personnages aux antipodes des Avengers avaient été une réelle bouffée d’air frais en 2014. Que l’on se rassure, c’est toujours le cas en 2017.

Walk, man !

Après s’être frotté à la petite famille de Thanos et introduit l’une des pierres d’Infinité dans le premier volet, ce second film s’intéresse à l’un des thèmes effleuré précédemment, à savoir les origines de Peter Quill, aka Star-Lord. Ce n’est plus vraiment une surprise : ce dernier rencontre son père, Ego (incarné par un Kurt Russell à fond dans le rôle) un extra-terrestre hors du commun. Mais pendant que se tissent les liens entre le père et le fils, un gros contrat visant l’équipe des Gardiens motive le Ravageur Yondu et son équipage à partir à leur recherche. Comme on peut l’imaginer, les choses dégénèrent rapidement…

BLING BLING

 

Ce second volet consolide les liens entre les Gardiens, sans tomber dans des ficelles trop grossières. On retrouve certes les mécaniques qui faisaient mouche dans le premier film – la franchise de Drax, la relation entre Gamora et Star Lord, le côté dur à cuire de Rocket et, bien évidemment, Groot, l’une des attractions essentielles du film – mais le scénario parvient à mettre en scène une intrigue différente et plutôt rafraîchissante. Autre grand retour, celui de la cassette audio, le volume 2 d’une compilation très présente mais qui semble tout de même un peu plus dispensable que dans le film précédent.

Enfin, on peut saluer le fait que James Gunn parvienne à développer intelligemment les personnages secondaires, aperçus dans le premier film : d’un côté Yondu – interprété par Michael Rooker – et, plus surprenant, Kraglin – incarné par Sean Gunn, le frère du réalisateur. Rescapée des méchants du film précédent, Nébula (Karen Gillian) est également de retour, et s’offre même quelques jolies scènes… enfin, dans son genre, quoi.

 

Une fresque spectaculaire

Pour ce qui est de la mise en scène, si le premier film mettait déjà le paquet, avec ce Volume 2, est encore un cran au-dessus. De l’introduction, qui va devenir cultissime en un rien de temps – vous comprendrez très vite pourquoi – à la séquence finale, on dénote très peu de temps morts. Les scènes d’action ont beau être noyées sous les effets spéciaux, l’ensemble reste lisible, et parfaitement maîtrisé. Et c’est, au passage, un vrai plaisir de voir quelques clins d’oeil à l’héritage Tromesque de James Gunn, qui prouve qu’on peut rester totalement fêlé même quand on se retrouve à la tête d’un colossal film Marvel. Et non seulement ça se sent dans l’écriture et la mise en scène, mais on sent également que l’ensemble du casting s’est éclaté à faire ce film. Assurément, la bonne humeur est communicative.

Guardians Of The Galaxy Vol. 2 L to R: Gamora (Zoe Saldana), Nebula (Karen Gillan), Star-Lord/Peter Quill (Chris Pratt), Drax (Dave Bautista) and Rocket (voiced by Bradley Cooper) ©Marvel Studios 2017

 

Les Gardiens de la Galaxie était un film totalement cool qui soufflait un vent de fraîcheur dans un MCU souvent trop sérieux. Le Volume 2 continue sur cette lancée : il impressionne, fait rire, et divertit à haute dose. Et la générosité du film se prolonge durant son générique, qui compte pas moins de 5 scènes à découvrir avant de sortir de la salle : inutile de préciser qu’à l’approche d’Infinity War qui sortira l’année prochaine, il serait fort dommage de passer à côté !

 

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[Test PS4] Horizon : Zero Dawn

Incarner une femme préhistorique badass pour chasser des animaux / dinosaures robots dans un univers post-apocalyptique, voilà un concept pour le moins inattendu. C’est pourtant ce que nous propose de vivre Guerrilla Games, avec Horizon : Zero Dawn. Le studio qui a commis la série Killzone a décidé de montrer ce qu’il avait dans le ventre en allant piocher les bonnes idées dans les productions AAA de tous genres pour proposer un action-RPG à la troisième personne aux airs de melting-pot. Reste à voir si la mayonnaise prend…

Visitez le grand canyon pour 55€.

La première chose que l’on constate en jouant à HZD, c’est la qualité graphique exceptionnelle du titre. C’est sans aucun doute l’un des plus beaux jeux auquel j’ai joué, tous supports confondus (mais mon PC est pourri). Une fois passé le (long) chargement initial, tout est fluide et superbe. La map est particulièrement vaste et nous permet de nous promener dans des espaces très divers et enivrants. Les reliefs offrent de belles perspectives sur de larges étendues ouvertes à l’exploration. Le travail sur les lumières, les effets météo et les animations est bluffant. Quand vous arriverez dans une clairière après avoir traversé un bois sombre, vous serez obligé de vous arrêter quelques instants pour admirer la lumière traverser les arbres pour illuminer des hautes herbes secouées par le vent. L’effet waouh est permanent, mais pour en profiter pleinement, il est chaudement recommandé désactiver l’UI particulièrement laide et envahissante. Le studio a eu suffisamment conscience de la réussite esthétique de son titre pour proposer un mode photo assez sympa, qui permet de faire de belles captures d’écran de ses aventures avec l’angle, la mise au point et l’effet de lumière parfait. Un instagram dans le jeu, sans les stories et les dick pics. Il faut également saluer la direction artistique, non pas pour sa créativité révolutionnaire (rien de vraiment innovant dans ce que nous propose le jeu), mais pour son choix assumé de ne pas résumer l’héroïne à ses attributs physiques. Le titre valorise également toute la diversité du genre humain, ce qui est encore suffisamment rare pour être signalé. On va dans le bon sens !

Les motifs des tenues sont dignes des pires collections Desigual.

[title type= »h2″]La chasse et la cueillette, la vie de base d’une cromagnon[/title]
Terrasser de gros monstres robotiques ne se fait pas en fonçant tête baissée, sous peine de se faire rapidement laminer. C’est d’autant plus vrai que le combat au corps à corps est particulièrement infecte. Vous devrez donc faire preuve de discrétion mais également bénéficier d’une bonne préparation. Sans que cela soit déplaisant et ennuyeux, le jeu vous incite en permanence à farmer des pièces et à chasser pour crafter objets et munitions, ou remplir sa barre de soin, qui se vide rapidement. Vous aurez à votre disposition un véritable arsenal pour vous défaire de vos différents ennemis de manière « subtile ». Après quelques heures, vous serez en train de placer des pièges explosifs en balançant des bombes dans le tas à tout va. Le piratage débloqué par des quêtes annexes sympas (les « creusets ») ajoute du piment à l’ensemble. A ce petit jeu, les combats contre les robots sont nettement plus intéressants et variés (sauf pour les immondes étincelles) que ceux contre les humains, amusants mais répétitifs. Toute proportion gardée, HZD peut rappeler Metal Gear Solid V : The Phantom Pain dans son côté bac à sable de destruction massive. Le jeu ne va toutefois pas aussi loin que l’ultime œuvre de Kojima chez Konami dans les possibilités offertes au joueur. En avançant, vous deviendrez rapidement surpuissant et le challenge sera donc légèrement moins intéressant. Une dimension « plateforme » rappelant quelques séquences d’Uncharted est également présente dans l’exploration. Pas trop de challenge à ce niveau là puisque toutes les zones à grimper sont marquées d’un jaune peu discret. En bref, tout se passe de manière plutôt fun et pas du tout frustrante dans la mesure où la maniabilité est correcte.

On vous a dit que c'était beau ?
On vous a dit que c’était beau ?

[title type= »h2″]FedEx survit à l’apocalypse[/title]
Vous l’aurez compris, dans HZD, on peut facilement passer des heures à errer sans but précis, juste pour admirer le paysage, ramasser des fleurs et butter tout ce qui passe. Cela tombe plutôt bien car les quêtes annexes ne sont pas toutes folichonnes. En fait, elles sont carrément barbantes. On n’échappe pas aux tâches FedEx, aux défis ennuyeux et frustrants (les quêtes de chasseur, vraiment dispensables) ou aux missions répétitives (au bout du troisième camp de bandits à exterminer, et de la 5e zone corrompue à « nettoyer », on a fait le tour du truc). On a parfois le sentiment d’être dans le schéma agaçant d’Assassin’s Creed : on grimpe sur la girafe géante, on analyse ce qui a autour, et puis on traite ses petites tâches machinalement. Certes, rien ne nous oblige à les faire, mais ce n’est parfois pas évident de faire le tri entre le bon et le dispensable sans avoir peur de louper une activité intéressante. Les quêtes secondaires contribuent néanmoins à l’enrichissement du lore. Guerilla est allé piocher une roulette de dialogue chez Bioware et Bethesda et propose des choix plus ou moins impactant dans le traitement des quêtes. Les grands retournements de situation ne seront pas monnaie courante et on est loin de la qualité d’écriture des mastodontes du RPG. Tout le contraire de la quête principale, vraiment passionnante et plutôt originale, qui explique (presque) tout ce qu’il y a à savoir sur cet univers SF de manière convaincante. En fait, elle est tellement bien que le reste paraît fade à côté. Résultat : si on se lance dans l’Histoire, on laisse rapidement tomber le reste. Qui a envie de s’occuper de la vie de péons pouilleux et crétins quand on peut changer le destin de l’humanité ?

On peut vraiment faire n’importe quoi avec l’outil photo, comme tourner l’image à 45°

[title type= »h2″]Conclusion[/title]
Horizon Zero Dawn est un soft plaisant. On passe un bon moment à arpenter ses grandes étendues, à chasser du robot et du bandit, voire même à cueillir des plantes. Le scénario est convaincant et se suit avec grand plaisir, ce qui n’est pas le cas des tâches et quêtes annexes, répétitives et dénuées d’intérêt. En cet âge d’or du jeu vidéo où les chefs d’oeuvre se succèdent à un rythme effréné, on se permet de faire la fine bouche en disant que les personnages ne sont peut-être pas assez marquants, et les quêtes pas assez engageantes pour en faire un jeu indispensable, qui restera dans les annales.

Elle est pas belle ma grotte ?
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[POISSON D’AVRIL] Ridley Scott annonce Alien : Couvent

Alien : Covenant n’est pas encore sorti mais la suite est d’ores et déjà dans les tuyaux. Le réalisateur Ridley Scott a dévoilé son titre : Alien : Couvent. Ce nouveau film mettra en scène des xénomorphes… et des bonnes sœurs prêtes à en découdre !

Dans la lignée de Prometheus, Ridley Scott promet d’ajouter une dimension « spirituelle » à son film d’horreur fantastique. De grandes questions existentielles seront abordées, et il est possible que des réponses soient proposées cette fois-ci : quelle est la place de l’homme dans l’univers ? La religion peut elle nous sauver d’une mort violente ? Qui est arrivé en premier, l’œuf ou le face-hugger ?

Niveau casting, Michael Fassebender a d’ores et déjà annoncé sa participation à l’aventure. Les spéculations sur son rôle vont bon train. Les internautes pensent qu’il devrait jouer une bonne sœur revancharde alors qu’une source proche de la production a confirmé qu’il incarnerait Jésus Christ dans un caméo humoristique.

On attend tous la scène mythique de l’œuf de Pâques qui était en fait un œuf de xénomorphe !

Via Bloubloublou

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[Critique] Ghost in the Shell de Rupert Sanders, un remake équilibré

S’il y a bien une adaptation qui a fait couler de l’encre ces derniers temps, c’est bien celle de Ghost in the Shell. Le remake de l’anime de Mamoru Oshii, sorti en 1995, sort cette semaine dans les salles. Réalisé par Rupert Sanders et avec, en vedette, Scarlett Johansson, le film avait tout pour faire flipper. Au final, force est de constater qu’on est loin du carnage (presque) attendu.

En 1995, Ghost in the Shell était une oeuvre absolument visionnaire : l’histoire d’un duo de flics cyborgs en proie avec leurs démons technologiques – avons-nous encore une âme quand on a le corps d’un robot ? – le tout sur fond de traque d’un « pirate de corps » n’a pas mis longtemps à devenir un monument du cyberpunk. Plus de 20 ans après, à l’heure où l’intelligence artificielle se fait de plus en plus présente au quotidien, et où les robots ont de plus plus l’allure d’humains qui flirtent avec la vallée dérangeante, le film de Mamoru Oshii adapté du manga de Masamune Shirow a, assurément, un écho différent.

Pour autant, on est (toujours) en droit de se demander si tout cela valait un remake contemporain… mais pour Hollywood, tout peut être avalé une seconde fois, pour être recraché en mode blockbuster. On ne va pas se mentir : quand les Américains se décident à adapter un anime nippon à leur sauce, ce n’est pas toujours brillant. C’est pourquoi, quand le projet d’un Ghost in the Shell mettant en scène Scarlett Johansson, le tout sous la houlette du réalisateur de Blanche-Neige et le Chasseur a été dévoilé, il n’y avait pas forcément de quoi sauter au plafond.

Remake en la Major

Le Ghost in the Shell nouveau est donc arrivé : on y retrouve le Major (Scarlett Johansson) qui ne s’appelle pas Motoko Kusanagi, mais Mira Killian. Contrairement à l’oeuvre originale, elle n’a pas subi ses modifications de son plein gré : être transformée en cyborg est ce qui l’a littéralement sauvée de la mort. Et elle ne vit pas spécialement bien sa condition. Le docteur Ouélet (Juliette Binoche), à l’origine de sa transformation, fait ce qu’elle peut pour l’aider et l’améliorer. Mais le Major, membre de l’unité d’élite Section 9, n’en fait qu’à sa tête. D’ailleurs, sa tête, c’est un peut tout ce qui lui reste de son ancienne vie. Et la traque d’un mystérieux hacker, qui en veut à l’entreprise qui l’a créée, va remettre beaucoup de choses en questions pour Mira.

Sans jamais oublier les origines de l’oeuvre, la version de Rupert Sanders multiplie malgré tout les variantes scénaristiques. C’est ainsi que l’on retrouve les scènes les plus cultes de l’oeuvre d’Oshii (l’assemblage du Major, le combat dans l’eau…) ainsi que de nombreux plans totalement copiés du film d’Oshii, au milieu d’une intrigue particulièrement simplifiée. Le film se focalise quasi-totalement sur la quête existentielle du Major, tout en éludant la totalité des questionnements métaphysiques qui faisaient quasiment tout le sel du film de base. Résultat : on est dans un film d’action qui multiplie les scènes coup de poing, au détriment du reste.

Une claque visuelle

Est-ce que ce constat fait de Ghost in the Shell un mauvais film ? Clairement, non. On est juste face à autre chose. Un film qui assume une certaine partie de son héritage, notamment sur le plan visuel – l’esthétique est totalement époustouflante – et plus largement, sur la forme. Pour ce qui est du fond, on sent qu’il y a eu une volonté de simplifier l’intrigue, et de diluer le discours dans des mécaniques que l’on retrouve dans un grand nombre de blockbusters hollywoodiens : une bonne dose de complot, un soupçon de trahison, le tout saupoudré de personnages bien manichéens. La conséquence, c’est qu’hormis une ou deux bonnes idées, on est devant quelque chose qui n’apporte pas grand-chose de surprenant.

Au final, si l’on passe un bon moment devant Ghost in the Shell cuvée 2017, c’est parce qu’on y trouve à la fois les ingrédients attendus pour ce type de production – de l’action, des combats, des effets spéciaux au top, et une belle ambiance – et suffisamment de références à l’oeuvre d’Oshii pour reconnaître, ça et là, le matériau d’origine. Néanmoins, on imagine que beaucoup de spectateurs qui adoreront l’ambiance de cette version auront bien du mal à accrocher au film de 1995 : c’est potentiellement acceptable dans un sens, mais ça semble plus compliqué dans l’autre. Bien évidemment, on recommande quand même aux plus curieux d’essayer, d’autant que la version de Mamoru Oshii vient de ressortir en Blu-ray dans une édition qui inclut le master original et sa remasterisation.

Le point whitewashing

Difficile, enfin, de ne pas avoir en tête tout le débat autour du whitewashing, survenu lors de la production du film. Hormis Takeshi Kitano, aucun acteur présent au casting n’est Japonais – Batou étant quant à lui (fort bien) incarné par Pilou Asbæk, un acteur danois. Compte tenu du fait que le film se déroule bel et bien au Japon, c’est assez perturbant, et assez regrettable. Néanmoins, sans trop en dire, on peut cependant noter que le film cherche, au moins en partie, à justifier ce choix à travers son scénario. 

Ça ne règle pas véritablement le problème, mais on constate malgré tout qu’il y a eu un semblant de réflexion à ce sujet lors de l’élaboration du scénario, ce qui est toujours mieux que d’autres cas apparus ces derniers temps, aussi bien dans le milieu des séries que du cinéma. Un point qui méritait d’être souligné, et salué, même si cela ne doit pas justifier la pratique.

Un blockbuster nippon ni mauvais (pardon)

Ghost in the Shell version 2017 est globalement réussi, agréable visuellement, et entraînant. Mais il reste, cependant, dans le formatage hollywoodien, et n’a pas la force de réflexion que peut avoir la version de 1995. Tous les ingrédients d’un bon blockbuster formaté pour plaire aux amateurs de science-fiction d’action sont parfaitement calibrés. Dommage, malgré tout, que la substantifique moelle qui fait la force de l’oeuvre d’Oshii ait été gommée pour que le résultat réponde au mieux au cahier des charges d’Hollywood. Mais comme ça reste visuellement ébouriffant et très largement divertissant, on vous conseille d’aller le voir, sur le plus grand écran possible, de préférence.

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Créez presque gratuitement votre film Ghibli

Il vous faudra un minimum de talent et de la discipline pour en arriver à faire votre propre petit Ghibli mais les animateurs ou les aspirants seront ravis d’apprendre qu’une version open source du logiciel Toonz, qui a été employé sur des films comme Princesse Mononoké ou Le Voyage de Chihiro, est désormais accessible.

OpenToonz sera proposé dans une version « spéciale Ghibli » disponible d’ici le 26 mars 2017.

Une bonne nouvelle pour celles et ceux qui souhaitent développer leurs compétences avec un programme professionnel qui devient, du coup, beaucoup plus accessible, et qui donnera peut-être naissance à de superbe futur projet.

via The Daily Dot

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[Critique] Assassin’s Creed

Pas de nouveau jeu Assassin’s Creed en cette fin d’année ? Pas de problème ! Ubisoft et 20th Century Fox gardent la flamme bien vive dans le petit coeur des joueurs avec un film qui se veut être une adaptation de la franchise. La bonne nouvelle, c’est qu’on évite les bugs.

Depuis 2008, la franchise Assassin’s Creed est devenue tellement évidente dans le monde vidéoludique que la présenter un tant soit peu relève presque du crime de lèse-majesté. Mais, bon, quand même, on vous la résume en quelques mots : les assassins protègent depuis des siècles les Pommes d’Eden, reliques venues de la Première Civilisation pleines de savoir et de pouvoir. Reliques que convoitent depuis autant de temps les Templiers. Au fil des siècles, les Pommes ont été perdues et, à notre époque, les Templier courent toujours après. Leur solution pour mettre la main dessus : sonder l’esprit des descendants des assassins par le biais d’une machine nommée Animus, conçue officiellement à but de divertissement par une entreprise pas très nette, nommée Abstergo. Voilà, en substance, ce qui peut résumer la grande partie des jeux de la trame principale de la franchise.

Les bases en 2 heures

En réalité, résumer Assassin’s Creed est clairement plus compliqué puisqu’il y a tout un tas de personnages actuels, d’autres de plein d’époques différentes, mais également des êtres de la Première Civilisation comme Junon, Minerve et Jupiter qui surkiffent venir pimenter des situations déjà tordues. Impossible de développer un tel univers au cinéma, dans un film qui dure 2 heures et doit être accessible à un large public.

Du coup, le film de Justin Kurzel retravaille les bases pour les simplifier au maximum : on suit donc Callum Lynch, un type à l’enfance foireuse et prédisposé à la violence. Condamné à mort, il se réveille contre toute attente dans un complexe de la fondation Abstergo. Il devient alors malgré lui le cobaye d’expériences visant à lui faire revivre la vie de son ancêtre Aguilar de Nehra pendant l’inquisition espagnole. L’objectif d’Abstergo : mettre la main sur la Pomme d’Eden qui permettra d’éradiquer toute violence sur Terre.

une réussite esthétique…

le passage d’Assassin’s Creed de la console à la salle obscure s’avère être une parfaite réussie visuelle : la partie se déroulant dans le présent – environ la moitié du film – dévoile les locaux aseptisés d’Abstergo comme on peut les voir dans les jeux, et la salle de l’Animus s’avère convaincante même si le système a été entièrement repensé pour être cinégénique. Il est vrai que la représentation qui en est faite dans les jeux n’est pas vraiment représentative pour le public de cinéma, et faire de l’Animus une sorte de simulateur de réalité virtuelle est plutôt cohérent.

Mais ce sont clairement les scènes se déroulant dans l’époque d’Aguilar qui sont les plus réussies. Pour le coup, même si aucun jeu de la franchise ne se déroule durant l’inquisition espagnole, on retrouve tous les codes esthétiques des jeux. Chaque bâtiment, chaque toit, chaque pente rappellera bien des sensations aux joueurs. De ce côté, le film réussi à installer une véritable ambiance, mais frustre en même temps de ne pas en montrer plus, car on ne joue jamais à un Assassin’s Creed pour explorer le présent/futur, mais pour visiter le passé.

… un échec de charisme

on pourrait néanmoins se dire que l’objectif d’Assassin’s Creed n’est pas autant de satisfaire les joueurs que d’attirer un nouveau public. Et c’est probablement vrai. Le problème c’est que le métrage ne remplit pas cet objectif, et ce dans les deux cas. Il s’avère frustrant pour le joueur qui voit un univers qu’il connait depuis des années simplifiés à l’extrême. Et le spectateur lambda a droit à un divertissement certes efficace, mais globalement vide d’enjeux réels, et dont les personnages manquent cruellement de fond car le temps manque pour les développer vraiment.

Le personnage de Callum Lynch, pourtant interprété par le très bon Michael Fassbender, est présenté comme un criminel prédisposé à la violence par ses gènes, quitte à mettre de côté le pourtant très important crédo des assassins – c’est quand même le titre du film, hein. Quant au docteur Sophia Rikkin, interprétée par Marion Cottilard, c’est une girouette perpétuelle et on peine à vraiment comprendre où le scénario veut en venir. De manière générale, les Templiers n’ont d’ailleurs aucun charisme et ils pourraient être remplacés par n’importe quel groupuscule sans que cela n’ait aucune incidence sur l’histoire. Tout le monde est aussi transparent qu’interchangeable, malgré un casting pourtant réussi.

Une grande introduction

On finit par comprendre pas mal de choses à la fin du film, qui n’est en réalité la fin de rien du tout si ce n’est d’une grosse introduction de deux heures. A n’en pas douter, si le succès est au rendez-vous dans les salles, une suite sera mise en chantier – ce qu’a d’ailleurs confirmé Michael Fassbender récemment en évoquant une trilogie.

Mais ce n’est ni une réponse, ni une excuse au scénario minimaliste et sans réels enjeux qui nous est servi ici. Encore pire, on peine à ressentir un quelconque attachement au personnage principal, tandis que la naissance de l’antagoniste est tellement cliché qu’elle prête plus à sourire qu’autre chose. Difficile donc d’être enthousiaste ou impatient à l’idée de voir se développer une franchise cinématographique dont les bases s’avèrent bien faibles par rapport à la richesse de son équivalent vidéoludique. Reste l’action et les décors, qui valent tout de même le détour, à défaut de marquer les esprits.

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Cinéma

[Critique] Rogue One : A Star Wars Story

Attendu de longue date, le premier spin-off et one shot de la saga cinématographique Star Wars débarque sur les écrans le 14 décembre. Nous avons eu le privilège de le découvrir quelques jours avant sa sortie à l’occasion d’une projection presse, et nous vous livrons notre avis, le tout sans spoiler, c’est promis !

Il y a longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… il s’est passé bien des choses entre les épisodes III et IV de Star Wars. Et si l’univers étendu – globalement plus très canon – en a dévoilé certains morceaux, il y a encore énormément de choses à raconter, et c’est toute la promesse des films spin off de la franchise, annoncés il y a quelques années par Disney. Rogue One : A Star Wars Story est le premier d’entre eux : il raconte la mission d’un groupe de rebelles, bien décidés à voler les plans de l’Etoile Noire à l’Empire. Le film se déroule donc juste avant l’épisode IV, Un Nouvel Espoir, soit juste avant que Darth Vader mette la main sur la princesse Leia… la suite, vous la connaissez.

Ceux qui auraient lu le récit de l’univers étendu concernant cet épisode – celui incluant notamment Kyle Katarn – peuvent effacer ce souvenir de leur mémoire. En quelques mots, Rogue One raconte la manière dont Jyn Erso, une jeune femme rebelle dans tous les sens du terme, se retrouve à la tête d’un groupe des plus hétéroclites, bien décidée à aller voler les plans d’une arme « destructrice de planètes » concoctée dans un secret tout relatif par l’Empire. Son nom : l’Etoile Noire. Et c’est à peu près tout ce qu’on va vous lâcher sur l’histoire à ce stade.

Going Rogue

Comme Rogue One est un one shot, il a donc un début, un milieu, et une fin. Et même si cette dernière ouvre inéluctablement la voie à l’épisode IV, on peut d’ores et déjà dire que le film réussi brillamment à conclure son intrigue, ce qui, on l’imagine, n’a pas dû être particulièrement simple : la saga Star Wars étant un tel enchaînement d’événements, il faut en effet parvenir à marquer clairement la fin d’une intrigue.

L’autre élément important, c’est que comme le film doit tout contenir d’un coup, on se retrouve avec un montage plutôt dynamique, qui évite les longueurs. Le découpage de Rogue One s’avère réellement fluide, et même si le film prend le temps de placer les enjeux de son intrigue et de valoriser la création du groupe d’anti-héros mené par Jyn, on ne s’ennuie pas et on a le sentiment que chaque scène sert vraiment à quelque chose.

Le bémol là-dessus, c’est que malgré le casting vraiment brillant du film, on ne s’attarde que très peu sur les personnages. Jyn Erso, par la force des choses et les besoins du scénario, est la seule qui bénéficie d’un réel développement. C’est un peu dommage pour la galerie de « gueules » qui l’accompagnent, mais on se dit que Disney a peut-être des choses en tête pour prolonger leur présence dans l’univers, par le biais de livres, de BD ou encore de dessins animés – rappelons d’ailleurs que Saw Gerrera, le personnage interprété par Forest Whitaker, était initialement un personnage de la série Star Wars: The Clone Wars. Enfin, on peut également être un peu déçu par le rendu final du directeur Krennic, dont le charisme aussi élevé que les ambitions s’avèrent un peu maltraité par les nécessités de montage.

Entre passé et présent

D’un point de vue artistique et technique, Rogue One réussi un pari vraiment fou : celui de représenter de manière très crédible l’univers de Star Wars tel qu’on a pu le voir dans les premiers films. Les costumes, les coupes de cheveux, les accessoires et les décors fleurent bon la fin des années 70. Le fait que le réalisateur Gareth Edwards ait insisté pour tourner un maximum dans des décors réels paie véritablement et donnent à l’ensemble du film un côté très vintage : on est bien plus imprégné de l’ambiance poisseuse que dans les délires numériques des épisodes I, II et III, et c’est vraiment génial.

Avec ses scènes de combats franchement réussies, filmées caméra à l’épaule, avec ses personnages qui sont sales, de la terre et du sable sur les mains et le visage, le film gagne en réalisme et offre une belle immersion. Car Rogue One est sans aucun doute un film de guerre qui, s’il se veut grand public, distille une ambiance de champ de bataille, en particulier dans la deuxième partie du métrage. Après un démarrage que certains jugeront un peu lent, il y a un moment où le film passe un cap et devient réellement jouissif à ce niveau-là.

Enfin, au respect de la dimension « vintage » d’un Star Wars qui se déroule avant le premier film sorti en salle, s’ajoute forcément les effets spéciaux d’aujourd’hui. Parfaitement maîtrisés dans les combats spatiaux et terrestres, parfait pour ce qui est des droïdes, ils passent un cap inattendu et presque dérangeant sur l’un des points du film qu’on est obligé de taire ici, au risque d’allumer l’alarme du spoiler. Si l’usage des effets spéciaux, dans ce contexte, s’explique très logiquement par le scénario, on ne doute pas une seule seconde que c’est l’un des points qui va le plus faire parler de lui lors de la sortie du film. Et on ne doute pas que les connaisseurs mettront immédiatement le doigt dessus au visionnage.

Un Star Wars différent, mais bien authentique

Rogue One est-t-il un véritable Star Wars ? La question est tout à fait légitime. On aurait tendance à répondre « Oui, mais… ». Rogue One est bel est bien un Star Wars qui prend place dans un univers bien connu, avec des personnages identifiables et certains, même, identifiés. Mais c’est aussi un film furieusement différent des précédents, qui présente des individus ordinaires, qui ne sont pas des Jedi – ce n’est pas une surprise – et dont la force est ailleurs. En ça, les personnages de Rogue One sont définitivement touchants, et c’est également ce qui fait de leur héroïsme un symbole sincère de l’Alliance Rebelle. 

Rogue One est pêchu, drôle, dynamique, mais également émouvant. Certes, c’est un blockbuster à grande spectacle qui distille progressivement tous les ingrédients d’une recette qui fonctionne au cinéma, mais c’est bien loin d’être un simple film d’action malgré tout. Porté par un chouette casting, une mise en scène léchée et quelques surprises inattendues, le film de Gareth Edwards s’en sort très bien pour raconter une histoire qui donne un autre angle sur le début d’Un Nouvel Espoir. On vous recommande le visionnage de l’épisode IV juste après avoir vu Rogue One, pour s’offrir une dose de frissons supplémentaire. Et merci pour cette grosse claque qui fait du bien !

Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards, avec Felicity Jones, Diego Luna, Forest Whitaker… sortie le 14 décembre.

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Cinéma

[Critique] Vaiana : La Légende du bout du monde

Avec Vaiana, Disney continue sur sa lancée en proposant une nouvelle histoire de jeune héroïne prenant son destin en mains. Une aventure qui débarque dans les salles le 30 novembre , et qui nous a clairement séduite.

Vaiana est une jeune fille qui vit sur une île paradisiaque du Pacifique, où la nature fournit tout ce dont les habitants ont besoin pour vivre. Destinée à devenir la nouvelle chef de la tribu, la jeune fille rêve pourtant de partir explorer l’océan, et cet appel se fait de plus en plus fort. Et lorsque les ressources de l’île viennent à se réduire dangereusement pour d’obscures raisons, la légende d’une malédiction lancée sur les terres des hommes refait son apparition. Vaiana décide alors de braver l’autorité parentale pour prendre la mer et partir à la recherche de Maui, un demi-dieu qui ne serait pas étranger à cette affaire.

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Les décors paradisiaques des îles du Pacifique, une musique qui rend honore à cette culture au même titre qu’une histoire riche en mythes et légendes : il ne faut que quelques minutes pour se plonger dans l’univers dépaysant du dernier-né des studios Disney.

Sus au prince

A l’image de Rebelle, film de Pixar sorti il y a déjà quelques années – mais dont les défauts nous avaient pas mal gêné malgré certaines évidentes qualitésVaiana laisse de côté la dimension romantique pour se focaliser sur l’aventure de son héroïne, Ainsi, si le destin initial de Vaiana est de régner sur les terres de ses ancêtres, à aucun moment le mariage à un prince n’est évoqué… jamais, nada. Et ça fait du bien de voir s’évaporer, on l’espère à tout jamais, le concept de demoiselle en détresse chez Disney.

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Le film suit également la logique initiée dans La Reine des Neige : l’héroïne a son destin en mains. Maui, le demi-dieu qui accompagne Vaiana, a ainsi un rôle de sidekick plus qu’autre chose malgré son évidente puissance. Un choix qu’on ne peut même plus qualifier de « moderne » tant il est devenu la norme chez Disney ces dernières années. Et même si l’aventure est menée d’une main de fer par une héroïne aussi forte qu’adorable, on y trouve malgré tout suffisamment d’action pour capter l’attention d’un public homogène aussi bien composé de petites filles que de petits garçons.

Nan mais à l’eau, quoi

Moins centré sur la double-lecture que Zootopie, sorti en début d’année et donc les dialogues et le scénario étaient très riches en références destinées aux adultes, Vaiana cache cependant quelques perles, dont une scène inspirée d’un grand classique du cinéma d’action – on ne voit spoil pas, on préfère que vous la découvriez par vous-même – et quelques petites situations piquantes qui donnent à ce conte tahitien une nouvelle dimension. on vous conseille par ailleurs la version américaine, puisque Dwayne « The Rock » Johnson y double le génial Maui.

Demigod Maui (voice of Dwayne Johnson) is reluctant to help adventurous teenager Moana (voice of Auli‘i Cravalho), who is determined to become a master wayfinder and save her people. But Moana is destined to win him over with her charm, strength and unbridled spunk. Directed by Ron Clements and John Musker, produced by Osnat Shurer, and featuring music by Lin-Manuel Miranda, Mark Mancina and Opetaia Foa‘i, “Moana” sails into U.S. theaters on Nov. 23, 2016. ©2016 Disney. All Rights Reserved.

Les parents seront heureux d’apprendre que même si on chante beaucoup dans Vaiana, sauf surprise absolue, rien ne reste autant dans la tête que Libérée, délivrée, ce qui en fait un film mal-de-tête-proof. Par contre, on imagine que le pagne et les faux tatouages vont furieusement être la mode pour le prochain Mardi Gras.

Le conte est bon

Avec son scénario simple mais efficace, son nombre de personnages restreint mais bien travaillés et ses décors peu nombreux mais absolument magnifiques, Vaiana va à l’essentiel et réussi à provoquer les émotions dès les premières secondes. Enchanteur, esquivant la morale pour se concentrer sur une leçon de courage, le dernier-né des studios Disney sent bon le monoï et la noix de coco. Et ça tombe franchement bon avec l’hiver rude qui s’annonce !

A aller voir d’urgence, donc !

Vaiana : La Légende du bout du monde de Ron Clements et John Musker, en salles le 30 novembre 2016.

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