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Timo Vuorensola n’était pas venu présenter le DVD de Iron Sky seul. Pour cela, il était accompagné de Julia Dietze, actrice allemande interprétant le rôle féminin principal du film. Renate, son personnage, est une jeune nazie naïve vivant sur la base lunaire. Son voyage sur Terre pourrait changer bien des choses.

  • Julia Dietze : Elle vient en paix !

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Julia lors de l’avant-première à Paris, le 5 février.

 

Julia, vous avez de multiples talents : vous dansez, vous pratiquez plusieurs sports, vous chantez… Pourquoi le cinéma ?

J’ai grandi sans télévision, j’allais donc deux ou trois fois par semaine au cinéma, j’adorais ça. Le premier film français que j’ai vu, c’était La Haine, je devais avoir seize ans ! Du coup, j’ai commencé à étudier les vieux réalisateurs, comme Truffaut, ou Godard.

Donc j’ai d’abord fait du théâtre. A dix-sept ans, j’avais de longues dreadlocks noirs, j’avais un look totalement différent, et je m’étais battue dans un McDo avec un ami, on se roulait par terre. Et il y avait un réalisateur qui nous regardait. Un peu plus tard, il est venu me voir, et m’a dit « Je suis en plein casting pour mon prochain film, et c’est dingue, mais je cherche une fille exactement comme toi. » On m’a donc invitée au casting, mais à l’époque, j’étais dans ma période punk-rock ou je-ne-sais-quoi. Donc quand on m’a dit « il faudra couper tes dreadlocks, parce qu’on a besoin d’une fille avec une coupe normale », je me suis dit « hors de question ! ». Je n’ai pas eu le rôle, mais ils m’ont quand même convoquée pour d’autres castings. Et mon premier film, ça a été Les poissons sauteurs, qui avait été projeté au festival du film de Berlin. Ça racontait l’histoire d’un ado qui est séropositif, qui tombe amoureux d’une fille mais qui ne veut pas l’infecter, un bon drame, donc. Après la projection, un agent est venu me voir, et c’est comme ça que j’ai réellement commencé ma carrière.

 

Vous êtes née à Marseille !

(en français) Oui, mais je ne parle pas beaucoup français, je n’ai pas vraiment pratiqué… Je comprends plus que je ne parle, c’est le problème…

 

Quel âge aviez-vous, quand vous êtes partie ?

J’étais très jeune. (en français) J’ai grandi à Munich, j’ai appris un peu le français à l’école, et j’ai des potes à Paris.

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Au centre, la délicieuse Julia en Renate !

 

Le public français vous découvre avec Iron Sky ! Comment êtes-vous arrivée sur le projet ? Qu’est-ce qui vous a accrochée ?

Alors, dans le premier scénario que j’ai reçue, mon personnage était lesbienne. Et je me suis dit « Wouah, c’est vachement bizarre ! Nazie, sur la Lune, et lesbienne, je veux le faire ! » Puis j’ai entendu parler du style visuel, qui allait tourner un peu autour du genre du film noir. Et j’adore ça ! Ça mélangeait un côté noir à la Sin City, avec un humour à la Inglorious Basterds, et un côté sombre finlandais, ça m’a vraiment intriguée ! Et puis, le personnage était fort, et très intéressant, donc j’étais vraiment reconnaissante de pouvoir auditionner.

 

Au final, pourquoi Renate n’est pas lesbienne, dans le film ?

Pour situer, j’ai lu seize versions différentes du scénario ! En fait, j’ai été engagée quatre ans avant qu’on ne commence réellement à tourner. Trouver le financement, ça a vraiment pris énormément de temps. Donc il y a eu plein de versions différentes. Quand j’ai lu la version du film qui sort maintenant en DVD, Michael Jackson venait juste de mourir. Et je leur ai dit « Sérieusement, les gars, vous ne pouvez pas blanchir un noir, c’est pas possible, on va se faire tuer ! » Je me suis dit « impossible d’avoir une carrière après ce film ! » (rires).

 

Dans quelle atmosphère s’est déroulé le tournage ?

 

Votre personnage a une véritable révélation, dans le film. Comment vous êtes-vous préparée pour le rôle ? Avez-vous étudié les nazis ?

Je voulais trouver un animal qui change autant qu’elle. Renate fait un vrai volte-face, dans le film. Elle appartient à la deuxième génération de nazis sur la Lune, elle n’a jamais vu ni la Terre ni le Soleil, elle est vraiment enfermée dans son microcosme. Puis elle s’affirme, devient plus forte, se bat pour ce en quoi elle croit. J’ai donc pensé au cygne. Au départ, il est gris, petit, fragile. Puis il devient grand, blanc, majestueux. Ça m’a donné des pistes pour le langage corporel, dans le film. Je m’imaginais des ailes dans le dos, pour me redresser, avoir l’air fier, pour correspondre à l’idéologie. Je sais que ça a l’air un peu tordu, mais c’est ce que j’ai fait.
Par exemple, pour la scène de la salle de classe, elle interroge ses élèves qui lui disent exactement ce qu’elle veut entendre, un peu comme si elle jouait du piano, en fait. Je me suis donc imaginée jouer du piano, dans ma tête.
Renate pense vraiment que le  national-socialisme, c’est de l’humanisme. Mais en arrivant sur Terre, elle se rend compte que c’est un immense mensonge. Alors, pour illustrer le paradoxe de la scène du discours à la Maison Blanche, je me suis inspirée de mes propres héros : Martin Luther King, Malcolm X, Mère Thérésa, pour le côté humain, Gandhi. Donc non, je n’ai pas vraiment étudié les nazis. Pas du tout, même !

 

A la fin du film, vous êtes de retour dans la base lunaire, et vous embrassez un noir devant tout le monde. Comment voyez-vous l’avenir de votre personnage ? Parce que les gens qui sont présents n’ont pas eu la révélation de Renate.

Ah, vous devrez attendre de le voir au cinéma ! (rires) C’est top-secret !

 

Avant de sortir en DVD, Iron Sky a été diffusé dans de nombreux festivals, comme l’Etrange Festival. Quels ont été les retours ?

Ils ont été fantastiques ! J’essayais de parler à autant de personnes que possible après les projections, et les gens étaient vraiment fans ! Ils saisissent vraiment les blagues qu’on a faites, comme toutes les références à la théorie du complot. Par exemple, au début du film, quand les américains se posent sur la Lune, ils plantent le drapeau américain, et l’étoffe retombe, elle ne reste pas droite comme sur les photos de 1969. On a voulu faire référence à tout ce débat sur la véracité ou non de Apollo 11.

 

Il y aussi des références à d’autres films, comme la scène qui parodie  La Chute.

Oh, vous l’avez remarquée ! C’est vraiment génial ! Pendant certaines projections, on a eu des standing ovations juste après cette scène.
En fait, la veille du jour où elle devait tourner cette scène, Peta (Peta Sergeant, qui joue Vivia Wagner, ndlr) a reçu la visite de Timo. Il lui a dit « Peta ! Regarde ça, tu l’apprends, et tu fais exactement pareil ! ». C’était complètement fou, un vrai coup de tête, brillant.

 

Est-ce que Götz Otto est aussi sérieux que dans le film ?

 

Est-ce qu’il n’aimerait pas jouer les gentils, pour une fois ?

Si, bien sûr, mais qu’est-ce que vous voulez, il est tellement imposant que tout le monde se dit « oh, ce type est dangereux ! » (rires)

 

Interview réalisée par JonFenn et El Nioco.
Merci à Julia Dietze de nous avoir accordé un peu de son temps, ainsi qu’à l’agence Dark Star pour avoir rendu cette rencontre possible.
Iron Sky est sorti en DVD et Blu-Ray le 18 février, en voici notre test !

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5 avis

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  1. Russ le 16 février 2013
    Jérémie, tu veux te battre avec moi dans un macdo pour lancer notre carrière ?
  2. Pingback: [Test DVD] Iron Sky : les nazis de demain 18 Fév, 2013

    […] Dietze (dont vous pouvez trouver l’interview ici), dont c’est ici la première production internationale, surprend d’abord en nazie […]

  3. Audrey le 18 février 2013
    Ca aurait été marrant qu'elle soit lesbienne.
  4. Pingback: Iron Sky s’offre une Director’s Cut 15 Mar, 2013

    […] sur la lune, ainsi que du temps en plus pour développer les personnages, dont celui de Julia Dietze (qu’on a aussi interviewée, c’est fou ça !) de nouveaux effets spéciaux et de nouvelles […]

  5. Pingback: Iron Sky : une vente aux enchères d’objets du tournage | GentleGeek 11 Fév, 2014

    […] donc des uniformes – certains portés par les acteurs principaux comme Udo Keir, Gotz Otto ou Julia Dietze – seront ainsi proposés aux enchères. Pour l’heure, on ne connait pas les prix de […]

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