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Première série issue de la collaboration entre Netflix et Disney/Marvel, Daredevil est disponible sur le service de SVOD depuis le 10 avril dernier. Après Marvel’s Agents of SHIELD, piloté par Disney, on était largement en droit de s’interroger sur ce qu’allait apporter l’expérience Netflix à cette nouvelle série de super héros. Le bilan s’avère plutôt positif ! Une review garantie sans spoilers.

Rendu aveugle à l’âge de 9 ans des suites d’un accident de voiture, Matthew Murdock est désormais un jeune avocat new yorkais, fils de Jack Murdock, un boxeur désormais disparu qui a eu son heure de gloire. Le jour, Matt est un avocat idéaliste, décidé à faire triompher la justice dans les tribunaux. Mais, la nuit, il devient un justicier sans peur qui traque la pègre dans le quartier de Hell’s Kitchen, et ça commence à se savoir…

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Conduire quand on est aveugle, c’est dangereux quand même.

 

Disponible depuis le 10 avril sur le service Netflix, la première saison de Daredevil, 13 épisodes au compteur, introduit un nouveau héros Marvel dans l’univers télévisuel de l’éditeur de comics. Contrairement à Marvel’s Agents of SHIELD ou Agent Carter, le héros de cette série est donc un super héros. Ca peut paraître idiot puisque c’est plutôt évident, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une première dans le MCU : Jusque-là, les super héros « importants » étaient principalement réservés à des adaptations cinématographiques. Rappelons au passage que Daredevil est la première des 5 séries sur lesquelles travaille Netflix : Jessica Jones, Iron Fist et Luke Cage auront également droit à leur show, tandis que viendra ensuite The Defenders, qui unira les 4 héros au sein de la même série, façon Avengers. On va donc se manger du super héros Marvel sur Netflix : raison de plus pour scruter scrupuleusement ce que Daredevil a dans le ventre, dans la mesure où la totalité du projet est largement piloté par Jeph Loeb, scénariste aussi bien de comics que de séries télé, qui a ici le rôle de producteur exécutif.

En rouge et noir…

Première bonne nouvelle : Daredevil rompt dès le début du pilote avec une construction linéaire, ce qui évite d’être confronté à la mise en scène classique et éculée de la naissance d’un héros. On comprend rapidement que la série va jouer la carte du flashback pour nous faire découvrir les origines du justicier sans peur, que personne n’appelle d’ailleurs Daredevil. Cette manière d’opérer rappelle de manière assez évidente celle utilisée dans la série Arrow – le Green Arrow de DC Comics – diffusée par la chaîne CW. Au début de la série, on comprend que Murdock n’en est pas à ses débuts concernant ses activités nocturnes : il faudra attendre que les épisodes distillent des flashbacks pour que l’on puisse comprendre comment il en est arrivé là.

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« Les critiques sont bonnes ! »

 

Seconde bonne nouvelle : la série mise sur une histoire sombre, et une mise en scène qui l’est tout autant. L’obscurité étant l’alliée du héros aveugle, les clair-obscurs soignés et la lumière crue, jaunâtre,  flirtant avec l’ombre salvatrice sont légion. La nuit et sa noirceur est un parfait écho à la « vie civile » du héros et de la plupart des alliés, qui ignorent, pour la grande majorité, les activités nocturnes de Matt Murdock.

Libérée des contraintes imposées par une chaîne de télévision, la série est fréquemment le théâtre d’une violence sans détour, mise en avant dans des combats très chorégraphiés. Le sang coule sans problème dans les deux camps et le show n’épargne pas quelques bastons particulièrement sanglantes. Les amateurs de résinés seront aux Anges mais les parents préféreront sans doute éloigner les plus jeunes de l’écran, d’autant que l’intrigue s’avère globalement plutôt complexe.

La genèse d’un héros humain

Sans doute, à l’heure actuelle, l’oeuvre la plus sombre du MCU, Daredevil tranche donc avec ce qu’on a l’habitude de voir dans les adaptations Marvel ciné/télé. Pour cette raison, la série va sans doute égarer une partie du public, celle habitué à de l’action très rythmée et des punchline percutantes et parfois amusante. Daredevil est une série sombre présentant un héros qui saigne (beaucoup), tiraillé entre l’envie implacable se sauver sa ville des griffes de la pègre, et celle de conserver l’intégrité qui le sépare de ceux qu’il traque.

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Une bonne séance de sutures, rien de tel pour commencer la journée…

 

Si les scènes de combats sont remarquables, appuyées par une mise en scène très travaillée – citons le désormais culte plan-séquence de la fin de l’épisode 2 – ce n’est pas ce qui domine dans cette saison. Certains épisodes en sont même quasiment dépourvus, pour laisser place à une intrigue plus psychologique et plus politique. Les personnages secondaires jouent également des rôles importants dans les événements, qu’il s’agisse de Foggy Nelson et Karen Page, les deux acolytes de Matt Murdock, Claire Temple, l’alliée de Daredevil, ou de Wilson « Kingpin » Fisk et de ses différents associés.

L’une des vraies forces de la série est de ne pas se résumer à de la baston décérébrée et une intrigue prétexte à mettre sur le devant de la scène un nouveau super héros Marvel. Malgré ce qui fait effectivement de lui un héros, Matthew Murdock n’en reste pas moins humain, et la série nous le rappelle dès que possible. C’est également le cas de son ennemi, Nelson Fisk, personnage ambigu au passé sombre, qu’il est plus difficile de détester que ce qu’on voudrait.

Un casting au rendez-vous

Pour finir, on peut saluer le casting, qui complète un tableau enthousiasmant : le britannique Charlie Cox donne de sa personne dans le rôle de l’aveugle acrobate – bien différent de celui qu’il tenait dans Boardwalk Empire – mais ce n’est pas le seul que l’on remarque. Elden Henson et Deborah Ann Woll sont également très efficaces dans le rôle des sidekicks Foggy et Karen, et volent même parfois la vedette au héros. Rosario Dawson, bien que finalement (trop ?) peu présente dans la saison, tire son épingle du jeu et joue un rôle-clé qui contribue à humaniser un peu plus le personnage principal. On pourrait d’ailleurs bien croiser son personnage, l’infirmière Claire Temple, dans une autre série Marvel/Netflix…

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On va éviter de l’énerver…

 

Et puis il y a Vincent d’Onofrio, dont la présence sait se faire attendre à l’écran. Chauve, imposant comme jamais, l’acteur rappelle physiquement son personnage incarné 30 ans plus tôt dans Full Metal Jacket. Dans la peau de Wilson Fisk, alias Kingpin ou le Caïd, il incarne un personnage nuancé, dont l’apparente vulnérabilité cache une force colossale et une violence égale. Après presque 12 ans passés à jouer le rôle de l’inspecteur Goren dans New York Section Criminelle, d’Onofrio confirme qu’il a toujours le talent pour jouer les psychopathes au regard fou – Rappelez-vous Strange Days

Une succulente mise en bouche

Une fois arrivé à la fin des 13 épisodes de cette première saison, on prend conscience que tout ceci n’était qu’une mise en bouche, aussi bien en ce qui concerne le personnage de Daredevil mais du potentiel de ce qui est en train de se mettre en place chez Netflix. La prochaine série que le service compte diffuser se nomme AKA Jessica Jones, et mettra en scène l’actrice Kristen Ritter dans la peau du personnage éponyme. On ne peut qu’espérer que la qualité sera là aussi au rendez-vous pour offrir au puzzle Defenders une nouvelle pièce prometteuse. Nous serons assurément au rendez-vous.

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A l’année prochaine, hein ?

 

Tags : DaredevilmarvelNetflixThe Defenders
Audrey

Gentle Geek Audrey

Co-fondatrice et rédac’chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit – les deux ne sont pas incompatibles, non non. J’aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C’est déjà pas mal !

3 commentaires

  1. Cette série a l’air prometteuse, ça fait plaisir. :D
    Mais ce n’est pas » Wilson » , le prénom du Caïd ? Ils l’ont changé pour la série ? O_o

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