Une tornade et des requins ? Pas de doutes, on est bien chez The Asylum ! La sociĂ©tĂ© de production, avait frappĂ© un grand coup l’Ă©tĂ© dernier avec Sharknado. Le film avait bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une audience record et d’un bouche Ă oreille sans prĂ©cĂ©dent. Rançon de la gloire oblige, le film dĂ©barque aujourd’hui en DVD distirbuĂ© avec plus de visibilitĂ© et de promotionque les autres films de la firme. Mais la tornade valait-elle tout ce boucan, ou s’agit-il d’un simple coup de vent ?
Qu’y a-t-il de plus fort qu’un requin ? Un Mega Requin ! Et qu’y a-t-il de plus puissant qu’un Mega Requin ? Une tornade de requin ! Un concept dĂ©bile mais prometteur derrière lequel ne pouvait se cacher que The Asylum, la sociĂ©tĂ© de production Ă l’origine de nombreux mockbusters (Atlantic Rim, Transmorphers, Almighty Thor), et auteur de nombreux films mettant en scène la divine crĂ©ature marine : Mega Shark vs Crocosaurus, Mega Shark vs Giant Octopus, Avalanche Shark, Ghost Shark, 2-headed shark attack, etc.
Fort d’un buzz monstrueux l’Ă©tĂ© dernier, avec près de 5000 tweets par minutes pendant sa diffusion, le film s’Ă©tait taillĂ© une belle rĂ©putation et un succès d’audience jamais atteint par une production The Asylum jusque lĂ , Ă tel point qu’un Sharknado 2 est dĂ©jĂ en cours de production. A l’occasion de la sortie aujourd’hui en DVD et Blu ray du phĂ©nomène, plongeons (ha ! ha ! ha !) dans le phĂ©nomène Sharknado. Ironie du sort, le film est Ă©ditĂ© par la sociĂ©tĂ© Free Dolphin…
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Sharknado : un Asylum plein de promesses…
[quote_left]Sharknado a tout pour ravir les amateurs de nanards sur le papier[/quote_left]RĂ©alisĂ© par Anthony C. Ferrante, dont il s’agit de la deuxième rĂ©alisation pour The Asylum, Sharknado a tout pour ravir les amateurs de nanards sur le papier : un concept tordu (une tornade truffĂ©e de requins s’abat sur Los Angeles), des conditions de tournages express (18 jours seulement), et surtout un casting truffĂ© d’acteurs sortis d’on ne sait quel placard ! Ainsi, après Jaleel White (aka Steve Urkle, vu dans Mega Shark vs Crocosaurus ), Lorenzo Lamas (aka « Le Rebelle », vu dans Mega Shark vs Giant Octopus), ce sont maintenant au tour d’anciennes idoles adolescentes de bouffer du requin :
• Ian Ziering, ex-Steve de Beverly Hills et « Testicule » de 301 (la parodie de 300), qui malgrĂ© ses 50 ans semble n’avoir toujours pas pris une ride ;
• Tara Reid, ex Vicky des American Pie, ancienne blonde Ă croquer dont la surabondance de bottox empĂŞche dĂ©sormais son visage d’avoir une quelconque expressivitĂ© ;
• John Heard, ex papa de « Maman, j’ai ratĂ© l’avion », qui semblait lui aussi s’ĂŞtre perdu avant qu’on ne le retrouve par hasard directement sur le plateau, pouf !

[quote_right]Sharknado, c’est avant tout une histoire poignante[/quote_right]Mais Sharknado, c’est avant tout une histoire poignante, pleine de rebondissements et d’amuuur : gĂ©rant d’un bar sur la plage et surfeur, Fin (Ian Ziering) doit faire face Ă une gigantesque tornade qui dĂ©verse un torrent de requin sur la ville. Et comme il est surfeur, il sait dĂ©jĂ tout de comment se comportent une tornade et des requins. AidĂ© de sa Barmaid avec un trauma « mystĂ©rieux » (tin tin tin…), de son meilleur ami Baz (qui se fait mordre Ă la jambe par punition de ce nom), et d’un client qui n’arrivait pas Ă dĂ©coller du bar, Fin va devoir braver l’intempĂ©rie du siècle et voler au secours de sa femme et de ses enfants (avec qui il est en froid, bien entendu).

[quote_right]l’autre star du film : les requins ![/quote_right]Évidemment, on ne saurait passer sous silence l’autre star du film : les requins ! Et si certains Ă©pisodes des Mega Shark pĂŞchaient par manque de visibilitĂ© des crĂ©atures, qui n’apparaissaient que quelques minutes en tout et pour tout par ellipses, ici, les requins sont bien prĂ©sents du dĂ©but Ă la fin. Et les affrontements entre humains et requins rĂ©servent quelques bons moments, aux coups de tronçonneuses, bombes artisanales et autres astuces mises en place pour en venir Ă bout des sharkos rĂ©pondent les surgissements par la fenĂŞtre ou Ă©crabouillage d’humain en règle Ă coup de requins marteaux.

… Mais un Asylum quand mĂŞme.
[quote_left]Sharknado nous montre tout un tas de trucs digne des sĂ©ries Z[/quote_left]Alors les amateurs de nanards pourraient-ils y trouver une nouvelle Ĺ“uvre rĂ©fĂ©rence ? Il faut dire que Sharknado nous montre tout un tas de trucs digne des sĂ©ries Z : outre un public de figurants qui semble avoir du mal Ă faire semblant de courir tant il fait du surplace, malgrĂ© l’urgence de la situation, Sharnado vous prouvera qu’il est Ă©galement possible de piloter un hĂ©licoptère Ă proximitĂ© d’une tornade sans aucune secousse ni risque d’aspiration ! On n’Ă©chappera pas Ă©galement Ă la remarque clin d’œil aux dents de la mer (mais ça, elle est tellement visible qu’on ne vous la dĂ©voilera pas). Si on ajoute Ă cela un jeu d’acteur rempli de convictions (mĂŞme Tommy Wiseau y met plus du sien), des personnages secondaires inutiles (Tara Reid…), son lot de scène WTF (une intro sans aucun rapport, un sauvetage de chien Ă grand renfort de tabouret) et surtout un happy end final relevant du plus grand n’importe quoi scĂ©naristique, de nombreux ingrĂ©dients semblent Ă première vue rĂ©unis pour passer un moment culte entre potes lors d’une soirĂ©e pizza. Et pourtant…

[quote_right]Pourtant, une Ă©tincelle manque clairement[/quote_right]Pourtant, une Ă©tincelle manque clairement. Si Sharknado en montre plus que certains de ses congĂ©nères de la lignĂ©e « Shark », tout n’est pas encore au point pour passer un moment vraiment marquant. La faute Ă un rythme global trop mou, très lent et mal agencĂ©. Difficile de ne pas trouver le temps long devant Sharknado et ses diverses astuces de dĂ©coupages, souvent grossières, utilisĂ©es en raison du manque de moyen. Ainsi, comme dans beaucoup d’Asylum, la note d’intention est d’abord trahie par une utilisation abusive de stocks shots qui font office, parfois, de scènes d’actions : vous verrez les hĂ©ros monter en voiture, en descendre, mais il saute aux yeux que tout le trajet en voiture, filmĂ© de haut, est une image de synthèse gĂ©nĂ©rique créée pour l’occasion. EntrecoupĂ©e de plans des acteurs faisant semblant (mal) de conduire, la sauce ne prend pas. Dans le mĂŞme ordre d’idĂ©e, nous pouvons Ă©voquer les inserts montrant des requins en CGI qui semblent nager en eau profonde alors qu’ils sont censĂ©s ĂŞtre en pleine rue dans 50 cm d’eau… De plus, en dĂ©pit des situations cocasses dĂ©ployĂ©es pour crĂ©er du suspense, Ă aucun moment on ne ressent vraiment nos personnages en difficultĂ© ou en danger devant la menace requin, dont ils semblent venir Ă bout avec une certaine facilitĂ©.

[quote_left]la mĂ©thode The Asylum montre très rapidement ses limites[/quote_left]Si l’amateur de curiositĂ©s cinĂ©matographiques peut se plaire Ă d’abord relever toutes ses anomalies, la rĂ©pĂ©tition outrancière du procĂ©dĂ© vient rapidement Ă bout de l’amusement. Ajoutons Ă cela des images de synthèses assez sombres (il y avait les Ă©crans verts, Asylum semble avoir inventĂ© les Ă©crans gris) et Ă peine mieux intĂ©grĂ©s que des oiseaux de Birdemic, et le rĂ©sultat final, pourtant prometteur sur le papier, nous ramène Ă sa dure rĂ©alitĂ© : en dĂ©pit de quelques aspects mieux gĂ©rĂ©s, et d’une tornade de requin prĂ©sente sur les 20 dernières minutes du film, Sharknado reste avant tout un pur produit Asylum qui aura bien du mal Ă donner la banane au spectateur. Car Ă la diffĂ©rence d’un vĂ©ritable nanard rĂ©alisĂ© avec passion, la mĂ©thode The Asylum, très intĂ©ressĂ©e et basĂ©e sur ses concepts seuls et son manque de moyens, montre très rapidement ses limites.

Du cĂ´tĂ© de l’Ă©dition proposĂ©e par Free Dolphin, aucune anomalie n’est par contre Ă constater, et outre la prĂ©sence de la VF et de la VOST et du chapitrage, le DVD propose dans ses bonus un court making-of qui permet d’en savoir plus sur les techniques utilisĂ©es pour intĂ©grer les requins Ă l’Ă©cran, entre images de synthèses et requins mĂ©caniques sur certaines parties. On regrette que le rĂ©alisateur n’ait pas souhaitĂ© tourner un jour de tornade en balançant de vrais requins dans l’ouragan, nous murmure Ă l’oreille notre confrère Chilien… Un bĂŞtisier et une bande annonce viennent Ă©galement complĂ©ter l’ensemble.
Sharknado, de Anthony C. Ferrante, avec Ian Ziering, Tara Reid, John Heard. Disponible en DVD et Blu-ray le 18 février 2014.

