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[Critique] Pacific Rim, de Guillermo Del Toro

Cet été, Hollywood nous gave de blockbusters portés par des acteurs ou des licences bankable : World War Z, Lone Ranger, Man of Steel, Kick Ass 2… Une abondance de films à gros budget qui luttent pour tirer leur épingle du jeu. Pacific Rim, le film de robot entièrement original et sans grosse star du réalisateur mexicain Guillermo Del Toro, était sans doute le projet le plus mystérieux. Finalement, ce pourrait bien être le film de l’été !

[styled_box title= »Synopsis » class= » »]Surgies des flots, des hordes de créatures monstrueuses venues d’ailleurs, les « Kaiju« , ont déclenché une guerre qui a fait des millions de victimes et épuisé les ressources naturelles de l’humanité pendant des années. Pour les combattre, une arme d’un genre nouveau a été mise au point : de gigantesques robots, les « Jaegers« , contrôlés simultanément par deux pilotes qui communiquent par télépathie grâce à une passerelle neuronale baptisée le « courant ». Mais même les Jaegers semblent impuissants face aux redoutables Kaiju. Alors que la défaite semble inéluctable, les forces armées qui protègent l’humanité n’ont d’autre choix que d’avoir recours à deux héros hors normes : un ancien pilote au bout du rouleau et une jeune femme en cours d’entraînement, qui font équipe pour manoeuvrer un Jaeger d’apparence obsolète…[/styled_box]

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Patlabor ?

[title type= »h2″]Ambiance apocalyptique[/title]
Des robots géants qui sauvent le monde contre des gros monstres qui détruisent tout, ça ressemble plus au dernier The Asylum (coucou Sharknado) qu’à un film crédible. Et pourtant, la sauce prend dès le début. Guillermo Del Toro dépeint un univers sombre, et évoque sans en faire trop les enjeux politiques, humanitaires et les traumatismes provoqués par ces attaques de kaiju répétées. Certaines séquences réussies nous plongent dans une ambiance de film catastrophe qui rappellera de bons souvenirs aux fans de Final Fantasy VII. Le réalisateur ne manque pas d’intégrer une bonne dose d’humour, notamment grâce aux deux scientifiques (un geek contre un nerd !) ou au personnage patibulaire incarné par l’excellent Ron Perlman. Le scenario n’est donc pas qu’un simple prétexte à la baston promise…

[title type= »h2″]Une mecha claque ![/title]
[quote_right]Pacific Rim met un coup de vieux à bien des films récents[/quote_right]Disons le clairement : niveau divertissement, vous en aurez pour votre argent. Très généreux en scènes d’action variées, Pacific Rim met un coup de vieux à bien des films récents. Il ferait presque passer Iron Man 3 pour un téléfilm ! Les combats sont jouissifs. On sent la lourdeur et la puissance des robots, les monstres sont véloces et agressifs. On a la sensation que chaque séquence va un peu plus loin que la précédente. L’action est toujours renouvelée grâce à de nombreuses surprises et tournures inattendues. Seule ombre au tableau, la plupart des scènes se passent dans une ambiance nocturne, pluvieuse ou sombre. Dommage, on aurait aimé mieux voir la castagne et admirer les mechas en plein jour ! En tout cas, niveau destruction, Pacific Rim se place au niveau d’Avengers ou Man of Steel.

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L’idée de mettre deux pilotes est absolument géniale.

[title type= »h2″]Par un geek pour les geeks[/title]
[quote_left]Pacific Rim parlera tout de suite aux geeks[/quote_left]Le film doit énormément aux effets spéciaux réalisés par ILM. Les Jaegers (du mot « chasseur » en Allemand, rien à voir avec Mick) semblent réels, notamment grâce à une mécanique réussie. Le film parvient à parfaitement intégrer monstres et robots dans les différents environnements (ville, mer…). Le design des méchas plaira à coup sûr aux geeks. Les robots semblent avoir du vécu, une histoire, un look qui colle à leurs origines (des peintures de pin-up comme dans les anciens avions militaires pour le Gipsy Danger !). On est plus proche des véhicules abîmés des anciens Star Wars que des vaisseaux trop propres et trop lisses de la nouvelle trilogie. Les méchas sont inspirés des nombreux robots de la culture geek et otaku : en les observant, on pense tout de suite à Patlabor, Gundam, Neon Genesis Evangelion, Metal Gear, Xenogears, Zone of the Enders… Les combinaisons des pilotes sont également super classes. Certaines rappellent Vanquish, Ironman ou même Gantz, d’autres ont un côté steam punk. Les références sont également nombreuses chez les monstres. Rien que leur nom, Kaiju, terme japonais signifiant « bête gigantesque », est un clin d’oeil à Godzilla, Mothra ou les autres terreurs du cinéma de monstres nippon. Même si elle ont toutes un air de famille, les créatures sont assez différentes et vous rappelleront Godzilla (japonais et US !), Cthulhu, ou encore Cloverfield… Le moindre détail pue l’otaku. La voix de l’IA donnera le sourire aux fans de Portal par exemple… On voit bien que Guillermo Del Toro est avant tout un geek. On imagine qu’il a du prendre un pied monumental à caser ses références à tout va dans le film. Pacific Rim parlera tout de suite à ceux qui ont grandi avec ces univers. On comprend mieux pourquoi Kojima s’est extasié sur Twitter !

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Destruction, destruction everywhere !

[title type= »h2″]Tout n’est pas parfait[/title]
[quote_right]Les personnages et le scénario restent assez stéréotypés[/quote_right]Pacific Rim est un film très enthousiasmant, mais pas dénué de petits défauts. Globalement, la musique est assez chouette. Malheureusement, le thème principal est très redondant, voir carrément envahissant. C’est simple, il revient dès qu’un robot apparait à l’écran, ce qui représente une partie très importante du film. Il devient aussi imbuvable que l’affreuse musique des Avengers. Autre point négatif, même si on accroche facilement à l’univers et que le casting est globalement réussi, il faut souligner que les personnages et le scénario restent assez stéréotypés. On a les scientifiques maladroits un peu clown, le chef militaire sévère mais juste, la fille forte et innocente, le héros en quête de rédemption, son rival arrogant… On n’échappe pas non plus aux bons sentiments et au patriotisme « à l’américaine ». Malgré tout, on note un aspect « international » et multi-culturel assez intéressant, aussi bien dans le scénario, que le casting et les références. Aussi, on peut voir les stéréotypes et les scènes un peu surjouées comme une forme de parodie, à la manière de Starship Trooper. C’est d’autant plus tangible que le cinéaste n’hésite pas à ajouter une pointe d’auto dérision en évoquant discrètement certains sujets, comme le merchandising autour des méchas. Pacific Rim est un film sérieux qui ne se prend pas totalement au sérieux.

[styled_box title= »Conclusion » class= » »]Amateurs de robots, de monstres ou tout simplement de bons divertissements, n’hésitez pas une seconde. Malgré quelques défauts facilement pardonnables, Pacific Rim est une réussite. Guillermo Del Toro met la barre très haute avec un spectacle ultra référencé, qui donnera certainement la banane à tous les geeks. Pas besoin de Brad Pitt ou d’une licence déjà retournée dans tous les sens pour faire un bon blockbuster, juste d’un réalisateur passionné, de designers talentueux et d’un lot de bonnes idées. On espère que le film marchera, pas forcément pour voir une suite, mais pour avoir le droit à ce genre de prise de risque plus souvent ! [/styled_box]

Réalisé par Guillermo Del Toro avec Charlie Hunnam, Rinko Kikuchi, Idris Elba, Charlie Day, Ron Perlman.
Sortie prévue le 17 juillet

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[Critique DVD] Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope

Sorti en 2011 aux USA et ayant été couronné d’un joli petit succès, Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope, documentaire de Morgan Spurlock sur le Comic Con de San Diego, bénéficie le 18 juillet 2013 d’une arrivée plutôt confidentielle en France. Une reconnaissance bien limitée pour un film qui rend pourtant un bel hommage à la culture geek.

Après avoir été projeté en toute discrétion au Comic Con de Paris le 6 juillet dernier, c’est désormais en DVD que le documentaire de Morgan Spurlock (Super Size Me) débute donc sa tardive carrière chez nous. Tourné à l’occasion de l’édition 2010 du Comic Con de San Diego, Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope met l’accent sur 7 visiteurs du salon, désigné comme le plus grand rendez-vous dédié à la culture geek du monde : Skip, un barman qui se rêve dessinateur de comics, Eric, un militaire qui partage le même rêve, Chuck, un vendeur de comics touché par la crise, Holly, une designer qui réalise des costumes dans son garage, Anthony, un collection de figurines, James, qui souhaite demander sa petite amie en mariage durant le panel de Kevin Smith, et Elodia, qui vient des Philippines pour satisfaire sa passion du cosplay. Des personnes qui ne se connaissent pas, mais qui partagent les mêmes passions, et des aspirations similaires, concrétisables au sein de la convention.

Super Geek Me

Comme son nom l’indique, Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope se focalise sur les espoirs des personnes qui s’y rendent. Sélectionnés parmi 3000 « candidats » ayant envoyé des vidéos à la production, les 7 personnes suivies par Spurlock et ses équipes balaient plutôt bien l’univers de l’emblématique convention, ainsi que les différentes types de personnes que l’on y trouve. Du commerçant qui vient y renflouer ses caisses éprouvées aux cosplayeurs qui cherchent à faire connaître leur travail face à un public de connaisseurs, en passant par les apprentis dessinateurs qui viennent glaner des conseils et un éventuel contrat et les collections en quête de la figurine inédite, le film suit chaque protagoniste de manière à la fois sobre… et finalement assez épique également, car chaque portrait dépend un geek à la personnalité unique et passionnante.

Comic Con DVD Holly Conrad
Depuis son passage sur la scène du SDCC, Holly Conrad a entamé une belle carrière de designer de costumes.

 

Contrairement à ses précédents films, Morgan Spurlock a pris le parti de ne jamais se montrer dans ce documentaire, qui fonctionne également sans voix-off. On se retrouve donc devant une exposition neutre, sans aucun jugement, où les paroles des protagonistes seules illustrent leur situation. Clairement, un tel parti-pris fait du bien, dans une époque où les geek sont autant un phénomène de mode que cherchent à s’accaparer médias et marketeux, qu’une « caste » de la public que le grand public ne comprend pas bien et a tendance à mal considérer.

Un film hommage

Morgan Spurlock se présente lui-même comme un geek : il nous l’a lui-même expliqué à l’occasion de l’interview qu’il nous a accordé durant le Comic Con Paris. Il était donc le mieux placé pour raconter les histoires de ces geeks et de leur quête. « Ces gens-là ont de vrais histoires, c’est plus intéressant de les montrer que moi en train de flâner à la convention. » Clairement, le réalisateur a réussi son coup : le film est d’ailleurs émouvants à plusieurs reprises, que ce soit lorsque ses protagonistes atteignent leur but, où lorsqu’ils échouent. Parce que chaque visiteur du salon est filmé avec sobriété et humilité, il est possible de se reconnaître dans leurs espoirs et leurs espérances, et finalement s’y attacher.

DVD Comic Con Antony
Antony n’hésite pas à faire la queue plusieurs jours pour être sûr de ramener LA figurine de ses rêves.

 

Le réalisateur a également confié que le tournage de ce docu a été le plus ambitieux de sa carrière : 15 équipes de tournages, chacune affublé d’un cadreur et d’un producteur, ont filmé non stop durant les 4 jours de la convention, et même avant et après. Au final, Ce sont 650 heures de rushs qui ont été tournées, pour aboutir à un film d’une heure et demie : un fait qui explique sans doute pourquoi les morceaux choisis sonnent si justes.

Notons enfin que le documentaire est ponctué d’interventions de geeks célèbres : Josh Whedon, Eli Roth, Stan Lee, Robert Kirkman ou encore Kevin Smith interviennent au fil de l’eau pour parler de leurs passions ou raconter des anecdotes autour du Comic Con ou de leur propre vie… et certaines sont vraiment très drôles !

DVD Comic Con Kirkman
Même Robert Kirkman, le créateur de The Walking Dead, a ses idoles !

 

Plus qu’un film sur le Comic Con de San Diego, Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope est un film sur la passion, et un véritable hommage aux geeks. Et bien que tourné aux Etats-Unis dans la plus célèbre convention du pays, le documentaire a le potentiel pour parler à tous, démontrant au passage que la geek attitude est universelle. Un film à voir, non seulement parce qu’il est cool, mais aussi parce qu’il fait du bien !

Le DVD

Bac Films propose un DVD très simple. Côté packaging, on trouve un fourreau élégant avec l’affiche du film – on remarque d’ailleurs une coquille, puisqu’il est écrit « Spiderman » au lieu de « Spider-man » – et le même visuel est présent sur la jaquette. Les menus reprennent les mêmes visuels, et sont plutôt jolis bien que classique.

DVD Comic Con menu
Le menu principal du DVD

 

Côté contenu, rien d’autre à signaler que le film en VOST, et quelques bandes-annonces de l’éditeur. Il est dommage que Bac Films ne propose pas au moins quelques-uns des suppléments de l’édition américaine, qui inclut notamment un intéressant making of de ce tournage ambitieux, ainsi que quelques scènes coupées. Pour l’édition française, on doit donc, hélas, se contenter du minimum syndical.

Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope de Morgan Spurlock, disponible en DVD chez Bac Films à partir du 18 juillet.

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La Chine a droit à un p’tit RO sur navigateur

Ragnarok Online: Prequel se présente comme un jeu sur navigateur qui reprend ce qui a fait le charme du MMORPG : ses sprites en 2D ! Développé par Dream² pour le compte de Gravity, il s’agit donc d’un titre officiel à mettre à part de certains jeux développés en Chine, qui ne se soucient guère du concept de propriété intellectuelle à partir du moment où seul le marché intérieur est concerné.

[youtube 6L2nJxpcog8 560 340]

Il ne faut pas s’attendre à retrouver les mécaniques de jeu du titre phare de Gravity, mais il faut tout de même admettre que la réalisation semble plutôt soigné et qu’on aimerait avoir l’occasion de s’y essayer : en tout cas, les nostalgiques du MMORPG seront sans aucun doute conquis !

Ragnarok Online: Prequel

 

 

 

via MMOCulture & le site officiel du jeu

 


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[Interview] Morgan Spurlock et Jeremy Chilnick, Comic-Con Episode IV: A Fan’s Hope

Plutôt connu chez nous pour son documentaire choc sur McDonald’s, Super Size Me, Morgan Spurlock a pourtant réalisé en 2011 un documentaire fascinant sur l’univers du Comic Con de San Diego et sur une galerie de fans qui s’y rendent pour réaliser leurs rêves. Un docu qui sortira en DVD chez Bac Films le 17 juillet prochain, mais qui a été diffusé en avant-première au Comic Con Paris 2013. Rencontre avec le réalisateur Morgan Spurlock et le producteur du film Jeremy Chilnick.

[youtube ZN41gXXUlLI 620 360]

Bonjour Morgan, Comic-Con Episode IV : A Fan’s Hope est très différent de vos travaux précédents. Comment est née cette idée de film ?

Morgan Spurlock : Généralement, une nouvelle idée de film nous apparaît quand on lit un livre, ou un journal. Pour celui-ci, c’est différent. On travaillait pour Fox TV sur l’épisode spécial du 20e anniversaire des Simpson. J’ai toujours voulu visiter le Comic Con de San Diego, je n’y étais jamais allé. Quand on a eu ce boulot, j’ai tout de suite pensé « On va au Comic Con ! On va au Comic Con et on va rencontrer les plus gros fans de Simpson, car si on veut voir les fans les plus acharnés, c’est l’endroit où il faut aller ! » Donc là-bas, on a rencontré des gens vraiment passionnés par les comics, les films, les jeux vidéo, les séries télévisés… Le vendredi, nous avons rencontré Stan Lee et c’est là que l’idée de ce film a germé.

Et de votre côté Jeremy, qu’est-ce qui vous a poussé à produire le film de Morgan ?

Jeremy Chilnick : Je travaille avec Morgan depuis maintenant 9 ans, donc je produis quasiment tous ses projets. Quand on était au Comic-Con, on sentait tout de suite une ambiance particulière qu’on a voulu retranscrire dans le film. Les gens ont tous l’air super heureux, ils vivent parmi tout ce qu’ils aiment. C’est assez unique et on pense que l’événement mérite qu’on fasse un film.

Morgan Spurlock : C’est vraiment une Geektopia, ou le Nerdvana *rires*.

Comment avez-vous choisi les gens que l’on voit dans votre film ?

[quote_left] »Nous avons reçu 3000 candidatures venant de tous les continents. »[/quote_left]Morgan Spurlock : On a fait un vrai casting, on a contacté des magasins de comics partout dans le monde, mais aussi des sites de collectionneurs, de cosplayers. Harry Knowles, qui produit aussi le film, nous a beaucoup aidé en publiant des news sur sa mailing list… On a pu trouver les gens que nous cherchions, des collectionneurs, des artistes, des cosplayers. On a fait une check list de tous ceux qui représentent le public du Comic-Con. Les gens ont commencé à envoyer des cassettes, on en a reçu plus de 3000 provenant de partout dans le monde : l’Amérique du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Asie, l’Europe, l’Afrique, tous les continents.. sauf l’Antarctique ! On a ensuite sélectionné les 7 personnes que l’on voit dans le film.

Pourtant, dans votre film, les 7 personnes présentées semblent toutes américaines ?

Morgan Spurlock : Non, Elodia, la fan de Cosplay vient des Philippines. On avait aussi un couple de Colombiens que nous avons suivi mais finalement, ils ne sont pas dans le film. Ils lançaient leur propre comics et leur maison d’édition. Malheureusement, la femme n’a pas pu venir accompagnée de son mari car il n’a pas obtenu de visa. C’était plutôt le projet du mari et sa femme l’aidait donc l’histoire tombait un peu à l’eau puisqu’il n’a pas pu être là. On a quand même suivi la femme, elle faisait beaucoup de choses pour promouvoir leur entreprise mais ce n’était vraiment pas pareil. On a donc décidé de les retirer du montage.

Morgan SpurlockCe que j’aime dans votre film, c’est qu’il présente le début de nombreuses belles histoires, notamment celle d’Holly Conrad, la designer et fan de Mass Effect. Vous avez un peu contribué au lancement de son histoire. C’est plutôt chouette non ?

Morgan Spurlock : C’est vrai que c’est assez incroyable. Ce film a permis de lancer de vrais talents et Holly Conrad en est définitivement un. Nous avons pu capturer ce moment incroyable où elle passe du garage dans lequel elle travaille au statut d’artiste reconnue. En y repensant, ça me donne des frissons ! C’était la première personne que nous avions choisi pour le documentaire. Elle nous a envoyé une vidéo où elle construisait la tête de son costume de Krogan, dans son garage. Elle nous montrait son travail sur l’électronique, qui permettait de faire bouger et cligner les yeux. J’ai trouvé ça incroyable.

J’ai envoyé la vidéo aux co-producteurs en leur disant que c’était le genre de personne que je voulais dans le film. Elle a également posté sa vidéo sur youtube. Au moment où elle nous l’a envoyée, elle n’avait qu’une centaine de visiteurs. En une semaine, ça s’est transformé en milliers ! Elle avait vraiment quelque chose de spécial. J’ai été sensible au fait qu’elle représente vraiment bien le Comic-Con. Elle est très passionnée par ce qu’elle fait, elle a ça en elle et veut en faire sa carrière. C’est une très bonne chose de la voir passer du statut de personne qui fabrique des costumes dans son garage pour le loisir à une vraie professionnelle.

Est-ce que vous avez des nouvelles fraîches des autres personnes qui ont participé au film, le soldat notamment ?

Morgan Spurlock : Eric a travaillé pour Marvel, et aussi pour Image. Il est toujours dans l’US Air Force mais il a été promu ! Capitaine ou lieutenant, je ne sais plus. En tout cas, il continue de dessiner des Comics le soir. Il est vraiment, vraiment doué. C’est une légende !

Et pour les autres ?

Morgan Spurlock : Skip travaille sur son roman graphique. Il édite lui-même son propre livre. Il devrait être prêt à l’heure où je vous parle. James et Se Young se sont mariés. Kevin Smith n’a pas célébré le mariage mais ils se sont mariés quand même ! Anthony continue sa collection, il a toujours sa cave remplie de jouets. Chuck a déménagé sa boutique pour s’installer dans une plus grande. C’est d’ailleurs l’un des plus grand magasin de comics au monde. Il a finalement vendu The Red Raven #1 aux enchères pour plus de 500 000$.

Comic Con
Harry Knowles, Thomas Tull, Skip Harvey, Tova Goodman, James Darling, Chuck Rozanski et Holly Conrad lors de l’avant-première américaine du film (Photo de Jack Plunkett).

 

Pourquoi avez-vous choisi de ne pas apparaître dans votre film ?

Morgan Spurlock : je suis un super geek et cet univers me parle. J’ai grandi avec les jeux vidéo, les films d’horreur… Ce sont les choses qui m’ont construit en tant qu’individu. Mais l’histoire n’était pas à propos de moi et de mon escapade au Comic-Con. Même si j’adore y aller, je pense qu’il y a des gens qui y vont pour des raisons plus importantes que moi. Ils viennent avec leurs travaux, des portfolios pour essayer de démarrer une carrière. Chuck vend des comics depuis des années, venir au Comic-Con est une partie très importante de son boulot. Ces gens-là ont de vrais histoires, c’est plus intéressant de les montrer que moi en train de flâner à la convention.

En France, les geeks ne sont pas encore très bien vus par les médias les plus importants. Comment sont-ils perçus aux USA ?

Morgan Spurlock : C’est super cool d’être un geek. Le monde a complètement changé ! Les gars qui se cachaient dans la cave de leur mère pour jouer à la console, travailler sur l’ordinateur ou lire des comics font maintenant les plus gros films du monde, dirigent les plus grosses sociétés de la planète. Ils ont transcendé leur côté nerd pour devenir les personnes les plus influentes et puissantes dan l’économie ou l’entertainment. Maintenant, si tu n’aimes pas quelque chose qui appartient à la culture geek, tu es bizarre, un peu exclu.

Finalement, on a l’impression que votre film porte plus sur le thème de la passion que sur le Comic-Con en lui-même…

Jeremy Chilnick : Le Comic-Con est juste un prétexte qui permet aux gens d’accomplir leurs rêves. C’est pour ça que le film se concentre davantage sur les personnages, qui se retrouvent dans cet endroit, où toutes ces choses arrivent. C’est absolument un film qui parle des passions. Aller au Comic-Con est une vraie expérience, surtout si tu aimes la culture geek, que tu as grandi avec.

Morgan Spurlock : Je suis totalement d’accord !

[quote_right] »Le Comic-Con est juste un prétexte qui permet aux gens d’accomplir leurs rêves. »[/quote_right]Dans vos films précédents, vous abordiez souvent les thématiques financières autour des différents phénomènes étudiés. Etiez-vous intéressé par l’aspect financier du Comic-Con ?

Morgan Spurlock : On en a parlé un petit peu. Dans le film Joss Whedon parle du fait que les geeks peuvent être une source importante de revenus. C’est une culture avec des gens très impliqués, faciles à cibler, des fans loyaux qui pourraient acheter n’importe quoi du moment que c’est associé à la série TV ou au jeu vidéo qu’ils aiment. Les fans ont énormément de valeur. Mais ils peuvent aussi rapidement se détourner s’ils jugent que les produits qu’on leur propose ne sont pas authentiques, s’ils n’adhèrent pas à ce qu’on leur vend.

Quand vous êtes un geek, vous achetez des produits qui vous passionnent même si vous n’avez pas les moyens. Il y a un côté assez innocent.

Morgan Spurlock : Je suis totalement d’accord, je viens de dépenser 1000€ au Comic-Con de Paris en un claquement de doigts. *rires*

Quels sont vos prochains projets ?

Morgan Spurlock : on travaille sur un show TV pour CNN qui s’appelle « Inside Man« . On y parle de différents problèmes qui existent aux USA : des armes, de la marijuana, de la sécurité sociale, de l’éducation, de l’immigration et tous ces sujets d’actualité. J’essaye de m’immerger dans l’histoire, c’est pour ça que l’émission s’appelle Inside Man. A l’exact opposé, nous sommes en train de finaliser un film à Londres, « This is us », qui parle du groupe One Direction. Il sort en août. C’est un documentaire de 65 mn accompagné de 25 mn de concert.

ComicConEpIV

Ca me rappelle le titre du film sur Michael Jackson, « This is it » !

Morgan Spurlock : Je vous assure que Michael Jackson ne sera pas dans ce film ! *rires*

Merci !

Un grand merci à Morgan Spurlock et Jeremy Chilnick pour leur temps, et à l’organisation du Comic Con pour avoir rendu cette rencontre possible.

Notre critique de Comic-Con Episode IV: A Fan’s Hope sera disponible très bientôt sur GentleGeek. Traduction réalisée par Russ, photo de couverture par Audrey.

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Cinéma

Un trailer pour Sharknado !

« Sharks. Tornado. Sharknado. ‘Nuff said… » Voila qui résume en effet plutôt bien le pitch de votre prochain film préféré, Sharknado. Après Sand Shark, Mega Shark VS Giant Octopus, Mega Shark VS Crocosaurus, Sharktopus et j’en passe, le nouveau venu de la série « nanars avec des requins dedans », nous proposera une attaque de requins via… une tornade !  (suite…)

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George Martin trouve que le Trône de Fer d’HBO est merdique

En attendant le printemps prochain et la saison 4 de l’excellente série Game of Thrones, George R. R. Martin, le créateur de la saga littéraire A Song of Ice and Fire, nous raconte sa vie sur son blog rigolo (dans le sens où il ne tue personne). Un nouveau billet du maître nous indique que l’auteur trouve que le Trône de fer réalisé par HBO pour la série ne correspond pas réellement à ce qu’il a imaginé…

En regardant Game of Thrones, on a tous rêvés de poser ses fesses dodues sur le Trône de Fer et de taper une pose badass trop dark. Certains ont d’ailleurs pu le faire à l’expo’ HBO d’Amsterdam au printemps dernier. Pourtant, même s’il a du succès auprès des fans, le Trône ne correspond pas tout à fait à ce que George Martin avait imaginé. L’auteur sadique l’apprécie mais ne le trouve tout simplement pas à la hauteur :

[quote_box author= » » profession= » »][quote_simple]« Ce n’est pas le Trône de fer que je vois en écrivant The Winds of Winter. Ce n’est pas le Trône de fer que les lecteurs doivent imaginer. Dans mon livre, je le présente comme étant ENORME, impressionnant, noir et torturé, avec de grandes marches en fer, un siège très haut duquel le roi peut regarder de haut l’ensemble de la court. Mon trône est une créature oppressante qui domine la salle, un siège étrange et asymétrique. »[/quote_simple][/quote_box]

Néanmoins, il semblerait qu’un artiste ait compris ce bon vieux George. Cette magnifique illustration du très talentueux artiste français Marc Simonetti a beaucoup plu à l’auteur, qui la cite en référence avant de la publier sur son blog :

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Tout sauf confortable et soulignant l’esprit de conquête !

Pour le coup, c’est vrai que ce trône a plus de gueule et donne vraiment l’impression d’avoir été forgé par un dragon. Celui d’HBO parait tout chétif avec sa dizaine de petites épées.

Via le blog de George R.R. Martin

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Metal Gear Solid : The Legacy Collection pose ses cartons en Europe

Il y a 26 ans, un certain Hideo Kojima feintait les limites de la MSX2 en imposant aux joueurs de contourner les ennemis plutôt que d’obliger la vénérable console à gérer plus de trois ennemis à la fois. C’est la naissance de la série Metal Gear. Aujourd’hui, après moultes aventures plus ou moins réussies, Konami annonce la sortie de la crème de la crème de l’infiltration à la sauce japonaise en Europe.

(suite…)

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Une épatante gatling laser

Le futur se construit chaque jour. Des scientifiques américains préparent actuellement les armes qui nous permettront de faire face à l’apocalypse zombie ou l’invasion d’aliens, catastrophes que l’on sait tous imminentes. Cette gatling laser ultra classe -à défaut d’être performante- donne en tout cas envie de jouer au laser tag (ou à Unreal Tournament). Pew pew pew !

Réalisé par Patrick Priebe, d’ores et déjà connu pour avoir recréé le gant laser d’Iron Man, cette gatling fonctionnelle propose 6 laser bleus 1W permettant entre autre d’éclater… des ballons. Un petit laser vert de 100mW offre une visée précise, ou l’occasion de gêner un footballeur professionnel au moment de tirer un péno.

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Malheureusement (ou heureusement, on vit dans un monde de fous), ce prototype n’est pas à vendre et aucun tutoriel n’est disponible en ligne. Patrick s’assure donc qu’il ne lira jamais de faits divers type « il met le feu à son chien avec un prototype de canon laser home made« .

Via Geekologie

 

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Cinéma

[Critique] Monstres Academy

Après un Cars 2 très décevant, suivi d’un Rebelle moyen , le défi était de taille pour Pixar, avec la sortie de Monstres Academy. Le prequel de Monstres & Cie, une des plus grandes réussite du studio, douze ans après le premier opus signera-t-il le renouveau de Pixar ?  (suite…)

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