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Remake du classique du jeu tactique au tour-par-tour UFO: Enemy Unknown, XCOM était attendu au tournant par un grand nombre d’aficionados du genre. Près de 20 ans se sont écoulés après la sortie du titre culte de Microprose, et on était totalement en droit de se demander si son héritage allait perdurer au sein de la franchise, désormais prise en charge par Firaxis Games, le nouveau studio de Sid Meier. Verdict ? 

Rien ne va plus sur Terre : les Aliens ont commencé à envahir chaque continent de la planète, et rien ne semble pouvoir les arrêter… rien, vraiment ? Car dans l’ombre, l’organisation connue sous le nom de XCOM lutte contre l’envahisseur en envoyant des soldats au front et en effectuant des recherches sur les Aliens. Doucement mais sûrement, l’Humanité reprend ses droits… mais rien n’est gagné !

On pourrait résumer ainsi le pitch de XCOM: Enemy Unknown, qui place le joueur dans la peu d’un responsable de base XCOM. Gestion des ressources, de la recherche, du matériel, des unités… tout, absolument tout passe par le joueur, qui découvre l’étendu du conflit en même temps que ses différentes équipes. Sur le terrain comme dans la base, la stratégie est primordiale et la moindre petite erreur peut être fatale. On peut toujours recharger la partie, oui… mais quand même.

Digne héritier de son aîné ?

XCOM: Enemy Unknown est donc le remake d’UFO: Enemy Unknown, dont il reprend la plupart des éléments : le scénario à base d’invasion extraterrestre, la gestion des combats au tour-par-tour et l’organisation d’une base destinée à lutter contre l’envahisseur. Sorti pour la première fois en 1994 sur Amiga et MS-Dos, puis en 1996 sur Playstation, le jeu de Microprose et Mythos Games a connu un succès considérable grâce à sa dimension stratégique très développée et son histoire prenante : il est bon de constater rapidement que, près de 20 ans plus tard, Firaxis Games a su préserver l’essence de la franchise, tout en lui donnant une dynamique des plus modernes.

Un petit briefing avant d’aller dérouiller de l’Alien !

 

Côté scénario, pour commencer, on peut saluer l’intrigue évolutive qui sait mettre le joueur dans des positions pas toujours confortables, le poussant à se creuser les méninges pour s’en sortir. Le caractère aléatoire des évènements créé une dynamique variable d’une partie à l’autre, ce qui rend le jeu imprévisible et nécessite d’être constamment à l’affût. Par ailleurs, si le scénario est bel est bien présent en permanence, il l’est en filigrane : le joueur n’est pas contraint de réalisée une action à l’instant T où elle est indiquée. C’est notamment vrai pour les missions de recherche, qui nécessitent souvent de récupérer du matériel sur le terrain : si le joueur juge une récupération trop risquée, il peut la retarder. Ce n’est pas toujours à son avantage d’un point de vue organisation pure, mais ça peut éviter de sacrifier des hommes : tout est affaire de stratégie.

Des parties très différentes côté management…

Et sa stratégie, le joueur doit sacrément l’aiguiser : tarder à déployer des satellites, par exemple, c’est courir le risque de ne pas pouvoir surveiller efficacement les différents pays attaqués… et d’en perdre, noyés dans la panique. Et comme chaque territoire membre de XCOM est synonyme de ressources humaines et financières, un cercle vicieux peut rapidement se mettre en marche et entraîner un game over. Dans un autre ordre d’idée, ne pas s’intéresser à l’amélioration de l’équipement de ses soldats peut rapidement les pénaliser sur le terrain. Et comme tout est lié, il faut penser à construire des bâtiments pour faire des recherches, et faire des recherches pour développer du nouveau matériel… tout ça prend du temps, de quelques jours à près d’un mois, et pendant ce temps les Aliens n’attendent pas pour semer la panique.

Elle est pas belle ma base ?

 

Le caractère aléatoire des évènements – notamment l’installation de la panique dans certaines surfaces du globe – étant très présent, il est difficile de prévoir ce qui va se passer pour le joueur : une surveillance et une préparation assidues sont donc obligatoires pour s’en tirer au mieux. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on opte pour une difficulté élevée : les débutants dans ce type de jeux choisiront le mode facile, tandis que les aficionados de la stratégie en tour-par-tour corseront les choses, quitte à recharger leur partie de temps à autres s’il le faut – notons sur ce point que les sauvegardes ne sont pas automatiques : mieux vaut sauvegarder souvent !

… et côté combat !

Outre le côté construction et gestion de base pur et dur, XCOM propose également des phases de combats sur le terrain : le joueur envoie fréquemment une escouade de militaires, entre 4 et 6 selon son niveau, pour des missions de reconnaissance, d’élimination, de sauvetage ou encore de récupération d’objets divers. Sans grande surprise, dans tous les cas, il faut castagner de l’Alien, dans des conditions plus moins favorables (souvent moins, il faut le dire).

On sait comment ça commence, mais rarement comment ça fini…

 

Cette phase de jeu est celle qui concentre le plus l’action : les personnages évoluent au tour-par-tour sur des terrains hostiles et destructibles qui se découvrent petit-à-petit, au fil de leur avancée. Il faut parfois plusieurs tours avant de débusquer les ennemis qui sont souvent bien cachés dans un bâtiment, derrière des véhicules ou même sur les toits. Par ailleurs, on n’échappe pas à certains évènements scriptés qui s’activent une fois un objectif réalisé. Autant d’éléments qui requièrent d’avancer prudemment, en privilégiant les zones protégées et les attitudes de défensive et de vigilance qui permettent aux soldats d’être sur leurs gardes : et il vaut mieux, car ces derniers, s’ils se retrouvent dans une position inconfortable, peuvent céder à la panique et réaliser des actions purement suicidaires.

Une minute de silence…

 

Plutôt difficile sur la partie combat, XCOM dispose de la particularité de disposer de 4 cartes différentes pour chaque mission : ainsi, si vous vous rendez compte que l’une de vos initiatives est mal en point, vous pouvez toujours relancer une sauvegarde de votre partie, mais vous ne serez pas confronté à la même map… à moins de la relancer plusieurs fois, et encore : les ennemis apparaîtront à un endroit différent. En misant sur l’aléatoire, XCOM propose non seulement un gros potentiel de rejouabilité, mais pousse le joueur a bien réfléchir à ses actions dès la première tentative. En résumé : joueurs bourrins, passez votre chemin !

Un titre complet, mais pas sans défauts

Si XCOM: Enemy Unknown s’avère riche et prenant, il affiche tout de même quelques points faibles allant du détail à l’aberration : on peut commencer par chipoter sur les graphismes qui, sans être vieillots, sont parfois un peu limites, notamment au niveau des textures des personnages. L’environnement bénéficie d’un level design soigné qui rattrape les lacunes esthétiques, ce qui permet de passer outre. A noter que la faiblesse du titre sur ce point est plus visible sur consoles que sur PC. On peut également évoquer la maniabilité un peu compliquée sur console, qui trahi le côté portage du jeu – y jouer à la souris sur PC est bien plus agréable.

Niveau modélisation de personnages, on a clairement vu mieux !

 

Mais le souci le plus violent du titre est sans nul doute la défaillance de son système de couverture… alors qu’il s’agit d’un aspect stratégique essentiel du gameplay ! Il arrive en effet très fréquemment que des tirs absolument impossibles aboutissent, dans des angles incroyables, notamment en passant à travers des éléments du décor. Si on peut concevoir qu’un tir de laser détruise une cachette en bois ou traverse une portière de voiture, il est particulièrement aberrant et frustrant de voir un tir littéralement passer à travers un mur ou une planque solide tout en assénant de sérieux dégâts. Ce constat se fait dans les deux camps, humain et alien : s’il peut parfois être salvateur dans des situations difficiles, il est particulièrement rageant lorsque l’ordinateur dérouillent vos troupes mal en point… et peut-être encore plus lorsqu‘une partie en multijoueur se transforme en concours de tirs complètement dafuq. Si vous voulez vous faire une idée sur la question, jetez un oeil à notre GentleLive sur le jeu.

En conclusion

XCOM est un jeu particulièrement complet et immersif ; c’est également un titre difficile qui nécessite plusieurs heures de jeu pour être parfaitement maîtrisé, et il y a fort à parier que les joueurs les plus maniaques n’hésiteront pas à recommencer une partie de zéro une fois tous les mécanismes de gameplay bien en main.

Pour autant, le titre n’évite pas quelques écueils pénalisants pour les joueurs en quête de précision dans leur stratégie : sur ce point, Firaxis gagnerait à déployer un correctif pour renforcer l’immersion et supprimer le sentiment d’injustice que l’on peut ressentir face à des bugs qui égratignent l’expérience de jeu. Ce n’est cependant pas une raison de délaisser ce titre de stratégie au tour-par-tour qui rafraîchi très efficacement la franchise tout en proposant de la nouveauté dans un genre finalement assez peu représenté de nos jours.

 

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2KGames Firaxis test XCOM: Enemy Unknown
L'auteur

Co-fondatrice et rédac'chef de GentleGeek, je suis journaliste le jour et blogueuse la nuit - les deux ne sont pas incompatibles, non non. J'aime le cinéma, les jeux vidéo, les comics et les chats. C'est déjà pas mal !

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