Etrange festival 2015 : palmarès et bilan
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Dimanche dernier s’achevait la 21e édition de L’Etrange festival de Paris, avec la traditionnelle cérémonie de cloture. L’occasion pour GentleGeek, présent sur toute la durée de l’événement de dresser le bilan de cette édition qui aura réservé de belles surprises.

Le palmarès

Comme chaque année depuis 2010, Canal + Cinéma et L’Etrange festival s’associent pour remettre le Grand Prix Nouveau Genre. Après The Voices l’an dernier, c’est La peau de Bax, le film de Alex van Warmerdam qui aura retenu l’attention ! Le film sortira au cinéma le 18 novembre prochain.

Haut les mains, peau de lapin, la peau de Bax en maillot d'bain !

Haut les mains, peau de lapin, la peau de Bax en maillot d’bain !

Le public avait aussi son mot à dire, et a remit son prix ! Après un vote qui aura mis pas mal de monde d’accord, c’est Moonwalkers, le film d’Antoine Bardou-Jacquet avec Ron Perlman et Rupert Grint, qui aura su conquérir le coeur des festivaliers ! Le film sortira en France le 6 janvier prochain.

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Du côté des courts métrages, signalons que c’est The Grey Matter, de Luke & Peter Mc Coubrey qui a remporté le prix Canal +, tandis que Splintertime, réalisé par Rosto, à lui remporté le prix du public.

Une édition renouvelée

La première chose nous ayant frappé à la découverte du programme de l’édition 2015 est le changement des catégories : de 2 catégories (en compétition / Inédits et avants-premières), la sélection est désormais décomposée entre les films en compétition, la section « Nouveaux talents » qui diffuse le premier film de réalisateurs prometteurs, « Mondovision », qui parcours le monde pour nous livrer des films de cinéastes des 4 coins du globe et de leur vision très particulière, et les documentaires, qui occupent désormais une place à part entière dans la programmation.

Un nouveau découpage qui clarifie pour beaucoup l’organisation des films, et oriente plus facilement le spectateur dans ses choix en fonction de ses aspirations ou envies du moment, tout en restant suffisamment ouvert pour que chacun puisse y trouver un intérêt ou puisse découvrir un peu de tout sans s’enfermer dans l’une ou l’autre.

De belles réussites

Un certain nombre de films se sont distingués par leurs qualités et nous ont laissé enthousiastes. Et les réjouissances furent plutôt nombreuses !

Love & Peace : assurément notre coup de cœur du festival. Venant de Sono Sion, on pouvait déjà avoir des attentes assez élevées, mais le réalisateur livre ici une nouvelle perle folle. Un film inventif, décalé, mais aussi – peut être – l’un de ses films les plus accessibles : c’est bien la première fois qu’on pourrait montrer un Sono Sion à des enfants. Mais derrière le côté pop fantasque se cache aussi un constat triste et amer qui fait aussi la force du film.

Pikadoooooooon !

Pikadoooooooon !

TAG : deuxième film de Sono Sion projeté cette année, en compétition, et deuxième claque. Du début à la fin, TAG nous emporte et ne laisse à aucun moment le spectateur respirer. Entre une mise en scène inspirée, une énergie folle, son propos ultra-féministe qui prend à rebours les clichés de l’écolière japonaise, TAG est une fusée propulsée à la vitesse de la lumière. Un film qui se tient de bout en bout, à part peut être une « révélation » un peu poussive qui tombe à plat. Hormis ce petit détail : un coup d’éclat.

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Ruined Heart : film Philippin, Ruined Heart envoute, surprend, nous emporte. Quasiment sans dialogue (une petite récurrence cette année), se basant sur ses acteurs (Asano Tadanobu, ak a ichi the Killer) et sa musique entêtante, Ruined Heart est une ballade brute, qui laisse place à une beauté fragile. Un film qui reste évasif mais qui sait où il va. Peut être pas un film parfait, mais assurément réussi !

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L’élan : la séance décalée à coup sur ! Un drôle de film, complètement absurde, où se mêle Bernard Montiel et un élan en peluche inimitable pour un délire situé quelque part entre Groland et Quentin Dupieux. Si juste avec à on ne vous a pas donné envie d le voir…

L'élan, un film qui peut sauter très loin :p

L’élan, un film qui peut sauter très loin :p

Tangerine : entièrement tourné au téléphone portable, Sean Bakern’en fait pas moins de Tangerine un « vrai film » avec ses travellings et autres effets. Mais ce dispositif lui permet surtout de délivrer un film énergique, filmé au plus près et porté par des comédiennes charismatiques nourries à la dynamite et d’une justesse incroyable. Une petite perle qui sait aussi se révéler particulièrement touchante et fébrile, et qui remet les sentiments au cœur de la balance. bien joué, Sean !

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Chernozem : dans la droite lignée des Tetsuo, Eraserhead, et autres univers industriels et cybernétiques, Judd Brucke livre un film expérimental prenant, perle noire et steampunk à couper le souffle par sa maitrise, son ambiance, son rendu sonore. On plonge sans hésiter dans ce film au cachet si particulier, tourné entièrement en VHS, dopé au cinéma expressioniste pour ne respirer à nouveau et retrouver son confort que lorsque les lumières se rallument.

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Scherzo Diabolico : l’un des tours de force de ce festival ! Adrian Garcia Bogliano a fait du chemin depuis Here Comes the Devil et livre ici un film ultra violent et à l’humour noir décapant, inattendu, qui se tient de bout en bout, sans temps mort. Une valse avec la mort rondement menée, efficace et jouissive qui prend un malin plaisir à renverser la vapeur dans son dernier tiers. Et après TAG, le deuxième film qui nous confirme qu’il ne vaux mieux pas faire chier les écolières.

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L’incident : difficile exercice que de faire un film sur les boucles temporelles. Et pourtant, pour son premier film, Isaac Ezban parvient à livrer une variation originale sur le sujet et transcende son concept. Une réussite que ne parviendront pas à gâcher un dénouement un peu confus, tant le réalisateur mexicain affiche déjà une maitrise de la narration et du rythme, couplé à une réalisation solide. Le réalisateur impressionne malgré ce difficile exercie que de faire un film sur les boucles temporelles. Et pourtant, pour son premier film, Isaac Ezban parvient à…

Car j'étais sur la route, toute la sainte journée...

Car j’étais sur la route, toute la sainte journée…

La chambre interdite : notre premier contact avec l’univers de Guy Maddin nous aura laissé un merveilleux souvenir. La chambre interdite, un film à l’histoire totalement absurde, tout comme l’humour qu’il y délivre, sans but précis mais qui étrangement sait où elle va. A couper le souffle d’un point de vue graphique, mélangeant de nombreuses références et inspirations à l’histoire du cinéma, La chambre interdite est un voyage dont on aurait tort de se priver, servi par un casting imparable (Mathieu Amalric, Udo Kier, Slimane Dazi entre autres).

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Free Fall : Györgi Pälfi était de retour au festival avec sa dernière réalisation, drôle, caustique, acide, et en même temps formellement très maitrisée. Une comédie noire et satirique, absurde par moment, appuyée par la très bonne bande son signée Amon Tobin.

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The invitation : c’est avec appréhension que nous avons découvert le nouveau film de la réalisatrice du désastreux Jennifer’s Body. Mais The invitation nous rassure : à en juger par The Invitation, Jennifer’s Body était avant tout une purge due à son scénario et ses dialogues. Car The Invitation en est l’opposé complet. Karyn Kusama livre un film sensible, qui traite avec douceur et subtilité d’un thème lourd et grave. S’amusant à amorcer et désamorcer sans cesse les situations, jouant avec la suspicion du spectateur, la réalisatrice attend le tout dernier moment pour finalement relâcher toute la pression de son récit dans un final où tout explose, avant de nous conduire sur une conclusion d’une douceur et d’une beauté sidérante. Well done, miss Kusama !

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Sous-sols : autre habitué du festival, qui a eu droit à une standing ovation pour sa venue, Ulrich Seidl venait présenter son tout dernier documentaire, une plongée dans les sous-sols de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, qui n’avaient finalement rien de très communs. Entre le nostalgique du 3e Reich, le chasseur qui expose ses trophées empaillés, ou les dojos SM, le cinéaste Autrichien offre une plongée décalée et révèle toute la part d’intime qui peut se cacher parmi chacun d’entre nous derrière les portes closes.

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Baskin : pour son premier film, présenté directement en compétition, Can Evrenol avait décidé de nous plonger en plein cauchemar. Et il aura réussi le bougre : Baskin est un film d’horreur presque « à l’ancienne », qui ressemble fort aux pellicules des années 80/90 dans son sujet. Ce n’est pas pour rien que le nom de Clive Barker peut surgir par moment à la vision de ce film gore et poisseux, mêlant rêverie traumatique, superstition et croyances, et rites occultes. Une patte esthétique déjà très affirmée, hypnotisante, pour un film réussi malgré quelques légers défauts d’écriture et une toute dernière scène qui peut laisser dubitatif quant à sa pertinence.

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Cooties : des enfants zombies qui s’en prennent à leurs enseignants dans une école ? Évidemment on signe ! Produit et interprété par Elijah Wood, accompagné d’un imparable Rainn Wilson, Cooties est une comédie horrifique décapante, qui rattrape son côté un peu formaté par un humour au poil et un rythme d’enfer. Nap time, bitches !

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Baahubali, the beginning : le film de clôture est aussi une claque monumentale, un grand spectacle comme on en a rarement vu. Des scènes d’actions impressionnantes à faire pâlir les batailles du seigneur des anneaux, une réalisation dynamique et fluide, la touche indienne qui – pour notre part – nous plait beaucoup, et aussi une salle chauffée à blanc qui a participé au spectacle entre rires, applaudissements et claps de mains pendant les chansons. Baahubali The Beginning était un feu d’artifice idéal pour conclure cette édition. Vivement la seconde partie !

Baahubali est plus fort que Chuck Norris ! Ouais, on ose le dire !

Baahubali est plus fort que Chuck Norris ! Ouais, on ose le dire !

Et vous pouvez également retrouver nos critique de Nina Forever, Jodorowsky’s Dune, et Gangnam Blues.

Et quelques déceptions

Certains n’étaient pas forcément mauvais mais auront laissés en nous un sentiment de déception en dépit de belles promesses. D’autres nous auront carrément rebutés. Difficile de tout aimer dans une programmation aussi diverse et variée !

The dark below : avec cette histoire de femme piégée sous la glace par un maniaque, The Dark Below était prometteur. Malheureusement, les bonnes intentions où un bon concept ne suffisent pas toujours : avec de trop nombreux ralentis, des flashbacks trop nombreux et qui dévoilent une histoire au final classique et dont on devine l’issue trop rapidement, et une musique inappropriée, le réalisateur annihile toute possibilité de tension ou d’intérêt dans une histoire qui aurait pu se révéler ultra prenante si elle avait été mieux gérée. N’est pas Buried qui veut.

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The corpse of Anna Fritz : avec un pitch de base qui pouvait titiller, The corpse of Anna Fritz est loin de la bobine transgressive ou du thriller rondement mené qu’il voudrait être. Des personnages écrits à la truelle, sans aucune nuance, un enchainement de situations qui reprend toutes les ficelles classiques du genre, un élément déclencheur qui arrive comme un cheveux sur la soupe qui survient sans aucun contexte (ou difficilement crédible) : difficile de rentrer dans le film quand dès le départ on a du mal à croire à ce qui nous est montré.

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Ghost Theatre : on aurait aimé ne pas l’y mettre. On aurait tellement aimé… Car le dernier film d’Hideo Nakata n’est pas raté. Il est même plutôt bien emballé, soigné esthétiquement, et on l’avoue, on a eu un petit coup de cœur pour Haruka Shimazaki. Mais alors pourquoi une déception ? Tout simplement parce que Nakata réutilise éternellement les même ficelles qu’il y a 15 ans. Or entre temps, la peur a pris un nouveau visage, et hormis un ou deux passages plutôt réussis, à aucun moment ce Ghost Theatre ne parvient à terrifier ou propose un déroulement trop conventionnel qui n’offre aucune surprise (bien que Nakata évite plusieurs clichés en cours de route). Ghost Theatre – qui au passage ne parle absolument pas de fantômes, on peut donc se questionner sur ce titre – aurait probablement été une bombe… s’il était sorti il y a 15 ans.

Petite Croquette, attention, derrière toi !

Petite Croquette, attention, derrière toi !

Brand New-U : le film d’ouverture fut une sacré déception en soi. Sur un sujet pas forcément original, Simon Pummel livre un film hermétique, inaccessible et confus, qui aura laissé une grande majorité du public sur le carreau.

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Ludo : ce film indien de Q et Nikon commençait pourtant bien avec sa problématique intéressante de la jeunesse en Inde et du poids de la tradition sur leurs habitudes et envies. Mais passé cette première partie, le film s’enlise dans une partie horreur assez convenue, une mauvaise gestion de son rythme et une dernière partie avec du potentiel mais traitée de façon très lourde et sans aucune forme de suspens.

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Like cattle towards glow : produit par Christophe Honnoré, ce film en plusieurs séquences n’a ni tête, ni queue, bien que le film en montre un certain nombre à l’écran. 5 segments déconnectés qui n’ont de commun que leur ennui, des dialogues insipides et des situations vaines et une posture qui se veut pensive/réflechie. Le film se voulait charnel, explorant les fantasmes et sensibilité d’un groupe de jeunes, on se retrouve au final avec un film pseudo-intello/bobo, en réalité superficiel, sans but et sans saveur, qui peine à intéresser.

Like Cattle Towards Glow nous a nous aussi donné envoe de nous coincé la tête contre un mur pour se prendre des coups de porte...

Like Cattle Towards Glow nous a nous aussi donné envoe de nous coincé la tête contre un mur pour se prendre des coups de porte…

Excess Flesh : le premier film de fiction de Patrick Kennelly devait à l’origine être un court métrage. L’écriture en a finalement fait un long. Problème : Excess Flesh n’a pas assez de matière pour tenir la distance. Les personnages principaux sont assez caricaturaux et les comédiennes peu charismatiques, et les situations soient s’étirent en longueur ou peine à paraître crédible.

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Mention spéciales

Qu’on ait aimé ou non, les films et événements ci-dessous méritent qu’on en parle.

Another : on pourrait aisément qualifier ce film de navet. Pourtant, on pourrait rapprocher ce Another d’une expérience proche de The Taking (évoqué ici), avec toutefois un film moins réussi. Réalisé avec 30.000 dollars de budget, Another instaure une sorte d’ambiance flottante, glauque et poisseuse, et un certain travail de montage, malgré le jeu un peu juste des comédiens et des dialogues pas toujours finauds. Surtout, plutôt que de s’adapter à son très maigre budget et de miser sur son ambiance et la tension, Jason Bognacki a choisi d’aller au bout de son idée sans avoir les moyens de la proposer : il en ressort des effets spéciaux assez cheap plombent le film. Il nous avait été conseillé de voir ce film après une nuit blanche, il est certain que le film doit être une certaine expérience dans ces conditions.

I am here : un des films qui nous aura divisé. Entre une intro intimiste et brillante, et des passages clés parfaitement réussis, Anders Morgenthaler livre un film dramatique offrant une virée dans une certaine conception de l’horreur : celle qui se trouve parfois au coin de la rue. Une violence qui n’est pas gore ou fantastique, mais sociale et réaliste. Jusqu’à un climax surréaliste et ingénieusement mis en scène, qui conduira à un final qui aura mis tous le monde mal à l’aise. Une semaine après le dernier plan continue de travailler nos tripes, mais nous a mené à 2 jugements différents : l’un de nous ayant apprécié, l’autre détesté. Mention spéciale donc, car I am here est un vrai parti dans l’approche de son sujet. Il provoquera amour ou rejet, mais bousculera les tripes du spectateur et ne laissera personne indifférent.

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La nuit SupermégabloodybunnyapocalypticaturbozombiNight : après une absence remarquée l’an dernier, la nuit cinéphile était de retour en 2015 ! Et l’Etrange semble avoir trouvé la bonne formule : 1 seule nuit (au lieu de 2 habituellement), plus facile à digérer pour les festivaliers. Et un choix de films plutôt réussi, chaque film étant réussi où à défaut sympathique. Un seul petit regret : l’absence de réel thème pour cette nouvelle édition. On espère pour l’an prochain un retour de belles thématiques comme l’Etrange a déjà su en proposer (Bad Girls, Nuit Divine, Grindhouse, Sushi Typhoon) auxquelles les cinéphiles répondraient présents pour sur ! On vous parle de la nuit ici !

Focus Turkish Délires : la dose de film WTF du festival ! Entre les rip-off improbables de L’exorciste et de Tarzan, une parodie de films Vikings, et un documentaire intéressant pour contextualiser toute cette production foisonnante, le Focus Turkish Délires aura comblé les amateurs de pellicules improbables et sorties de nulle part, dans la droite lignée de ce qu’avaient pu offrir les Blood Freaks ou 3 Superman Turcs aux jeux olympiques.

Turkish Exorcist (aka Seytan) : ça fait envie, n'est-ce pas ?

Turkish Exorcist (aka Seytan) : ça fait envie, n’est-ce pas ?

Upstream Colors : comme pour Another, les avis sur le film auront été partagés. Toutefois, projeter Upstream Colours relevait d’une belle exclusivité, tant le travail de Shane Carruth est quasi-invisible en France. Un film de SF intimiste et sensoriel, beau et énigmatique.

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Aaaaaaaah ! : qu’on l’ai aimé ou non, le premier film de Steve Oram aura surpris ! Cett variation originale autour de la planète des singes, agréablement mise en scène, à l’humour particulier, en aura dérouté plus d’un ! Un film à part qui mérite assurément le coup d’œil, ne serait-ce que pour cette touche d’air frais qu’il amène dans un panel cinématographique qui tourne parfois en rond.

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Pépites et cartes blanches : avec des perles comme Glen ou Glenda, J’ai avorté… Monsieur le Procureur, Bad Boy Bubby, La forteresse noire, Norway of Life, etc. les cartes blanches et surtout des pépites de l’Etrange à la production rarement décevante, auront encore permis de découvrir ou redécouvrir des pellicules oubliées, des films incontournables mais difficilement visibles sur grand écran, qui chaque année trouvent leur public.

Une 21e édition réussie

Que reste-t-il à dire après un compte rendu aussi détaillé que nous n’ayons pas dit sur cette 21e édition de l’Etrange festival ? Et bien tout simplement que nous avons eu un très bon cru cette année ! Mieux : après une 20e édition qui, loin d’ être mauvaise, nous avait malgré tout laissé sur notre faim (le manque de surprise réelle), cette 21e édition a corrigé la donne !

Sa nouvelle répartition, qui a quelque peu dynamisé toute la sélection d’inédits, de nombreuses exclusivités, une sélection de films globalement bonne, sans oublier ses pépites et projections de films cultes : l’Etrange Festival a réaffirmé cette année sa position de défricheur incontestable du cinéma et de mise en avant d’un cinéma différent ou oublié. Mélangeant les genres sans sectarisme (cinéma de genre, horreur, en passant par des thrillers et même des comédies), cette 21e édition s’est démarquée par la grande diversité de sa programmation, plus équilibrée que l’an dernier : l’omniprésence des polars (nordiques ou coréens notamment) commençait à se faire ressentir, notamment dans les compétitions.

La qualité de cette 21e sélection est incontestable : il y aura bien sur eu des surprises et des déceptions, en toute logique, cela fait partie du jeu. Mais cette 21e édition avait pour elle une grande fraicheur et une grande curiosité : difficile, à la lecture du programme, d’anticiper le déroulement de certains films ou de les cerner complètement au premier abord. Comment réellement savoir ce à quoi on aura à faire en entrant dans la salle de Chernozem ou Ruined Heart ? Cet aspect « découverte » beaucoup plus prononcé, aura été l’atout principal de cette sélection, invitant à la découverte et à sortir de sa zone de comfort tout en continuant d’offrir des moments plus fidèles et des perles rares. Si globalement la sélection fut bonne, le véritable « coup de cœur » a toutefois mis du temps à se dessiner.

Pour de prochaines éditions, on pourrait simplement souhaiter, éventuellement, la présence d’un focus supplémentaire ou d’hommages, comme il en avait été proposé lors de la 19e édition, si la programmation le permet : la 19e édition avait pu présenter 1 focus et 2 hommages, mais seules 2 cartes blanches étaient proposées, contre 3 cette année. De la même manière, on espère continuer à trouver des films franchement décalés et improbables – à l’image du focus turc cette année – mais aussi dans des registres plus inattendus : à l’image des sélection Pinku Eiga qui ont pu avoir lieu il y a plusieurs années, par exemple, ou de pellicules décalées, trash, ou surprenantes. Les organisateurs ont toujours su exploiter la variété de ces pans du cinéma pour nous proposer, chaque année, des thémas différentes que l’on espérera toujours originales, et on espère que cette démarche continuera.

C’est donc sur un bilan très positif que se termine cette 21e édition de l’Etrange Festival, qui s’est extrêmement bien déroulée tant sur le plan du contenu que sur le plan de l’organisation. Tout au plus pouvons nous signaler des retards assez fréquents dans le démarrage des projections, quelques fois jusqu’à 10 minutes, qui ont pu chambouler certains calendriers de projection. Mais cela n’a rien enlevé à l’immense plaisir que nous avons eu à prendre part à cette édition, extrêmement riche, et il nous tarde déjà de découvrir la prochaine !

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